ACTE II, SCENE I
ment à Madrid selon mes nouvelles instructions. Nous ferons connaissance en route ; je saurai enfin quel est \m caractère de ce duc. Demain nous partons.
l'archevêque.
Vous ne l'avez point vu ?
LOPEZ
Jamais.
LA VICE-REINE
Vous n'avez rencontré le duc nulle part?
LOPEZ
Nulle part.
LA VICE-REINE SOUTlCUlt.
Et sa femme ?
LOPEZ
Très-fréquemment , depuis que Votre Altesse me la fit connaître.
Elle vous parait?
LOPEZ
Trèfr-belle.
LA VICE-REINE
Oui , des yeux assez noirs , et si elle avait le teint...
LOPEZ
Le sien est d'une fraîcheur ! . . .
LA VICE-REINE
Oui , pour son âge.
LOPEZ
Elle est jeune encore.
46 PINTO
LA VICE-ïlElNE.
« Oh! fort jeune. Je m'aperçois, amiral, qu'elle vous plaît trop pour vous en parler davantage.
LOPEZ
« Moi, Madame, je serais bien à plaindre!... Obligé de
m éloigner dans vingt-quatre heures.
l'archevêque.
Vous ! l'homme aux galantes aventures !
Monsieur l'amiral , vous aimez la duchesse ; elle est l'objet de tous les soins que vous rendez , de toutes les visites que vous faites. Sans doute on vous plaint, on s'étonne d'oublier ses rigueurs jusqu'à vous prêter l'oreille. On rougit de soi-même.... Cependant on vous dit ce que l'on projette , où l'on va , et pourquoi ? pour vous prescrire de ne pas vous y trouver, de ne plus parler de votre amour; toutes belles défenses qui sont autant de secrets engagemens qu'une femme ne tarde pas à sceller d'un nœud plus intime, ou qu'elle ne rompt point sans quelque dommage à sa pudeur : voilà de point en point où vous en êtes.
LOPEZ
Non , Madame ; et s'il faut le dire , cette sévérité de la duchesse est plus forte pour m'attirer , que toutes les grâces de sa personne. Une maudite réputation d'inconstance et d'audace que l'on me prête aux yeux de votre sexe , m'a précédé jusqu'ici , et j'en ignore les raisons.
LA VICE-REINE
Àh ! les discours inconsidérés que vous avez tenus souvent contre les femmes. . .