ACTE II, SCÈNE I
LOPEZ
Contre les femmes!... Ton m'en a bien corrigé. 11 ne m'arrivera plus de dire du mal d'elles, et je sais trop ce qu'il en coûte ; mais en bonne justice, devrait-on m'accuser de les haïr? moi qui souvent ai poursuivi un léger espoir donné par l'amour, plus vivement que toutes les promesses de la fortune. J'étais las d'un commerce infidèle de froides galanteries , de faussetés réciproques , de protestations vaines, lorsque j'ai rencontré madame de Bragance. Son air , sa simplicité noble et touchante , à laquelle toute votre cour rend hommage , m'ont ému plus vivement que je ne l'avais encore été. Suprême avantage de la vertu ! elle prête son éclat à tous les dehors des femmes ; elle les environne de respect et de soumission , elle embellit leurs manières , elle semble épurer même les traits de leur visage, leur donner des grâces délicates que n'eut jamais l'effronterie. Que vous dirai-je? elle leur fait remporter ce double triomphe , de s'attacher tout l'amour des cœurs sincères et passionnés, et de mériter toutes les attaques des hommes qui mettent leur orgueil à les séduire.
LA VICE-REINE
Et votre modestie vous range au nombre de ces derniers?
LOPEZ
Hélas ! Madame , je fus sincère autrefois autant que sensible ; mais onim'a si souvent trompé. . . qu'il m'a fallu réprimer mes inclinations naturelles.
48 PINTO
Jf-