‹ Comédies historiquesChapitre 47 sur 260 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

de soins ne vous ai-je pas rendu ! Mais à quoi m'ont servi mes assiduités , mes sacrifices? à «ne prouver que vous êtes au-dessus de toutes les femmes , ou que je suis à vos yeux le dernier des hommes... J'ai pu songer au tourment de ne vote revoir jamais, et m'y condamner ; rien ne saurait plus ébranler mon courage. Demain donc si te duc ne se met en route , je paré seul , €* m'excuserai sur ses Tefias.

Eh bien ! Monsieur , avais -je tort de dire que mes sollicitations étaient impuissantes sur vous? Ne contraignezvous pas habilement ma délicatesse au silence? ou plutôt n'ai-je pas lieu de croire que, las de feindre un amour inutile, vous précipitez avec joie l'occasion de vous délivrer d'une ennuyeuse persévérance? Vous me faites des reproches, je m'en fais de plus graves ; le duc ne vous connaît pas; peut-être j'aurais dû vous éloigner de moi pendant son absence : j'étais loin d'imaginer que ma bonté à entendre vos aveux , fût une marque de ce mépris pour vous, dont vous m'accusez.

LOPEZ

Cruel pouvoir d'un mot de votre bouche ! ah I vous renversez mes idées... Mais , non ; les opinions dont, on m'a noirci... cette détestable commission d'accompagner le duc en Espagne... tout vous porte à me haïr.

LA DUCHESSE

Tout me chagrine.... C'est vous, moins que tout autre, qui devriez être l'artisan de mes peines.

LOPEZ

Quentends-jeP... Expliquez-vous, Madame?

68 P1NTO.

LA DUCHESSE

Vous me séparez de mon époux.... Au nom de la cour, vous agissez contre moi...

LOPEZ

Voilà ce qui vous irrite... Ah i que j'expie le malheur de vous affliger en subissant votre vengeance! Exercez-la, tyrannisez-moi , vous en êtes la maîtresse... la mort seule rompra les fers que je prends à vos pieds.

LA DUCHESSE

Levez-vous... Monsieur... levez-vous... Qu'ai-je à vous répondre? le devoir qui me lie me défend de vous écouter davantage... le vôtre vous emmène loin de Lisbonne. Demain , peut-être. . .

LOPEZ

Hé ! non, non. Madame !... Ne venez-vous pas de me le défendre? vos volontés sont mes lois suprêmes.

LA DUCHESSE

Demain, soit, vous resterez ; mais sous quelques jours...

LOPEZ

Quel parti prendre?

LA DUCHESSE

Celui de me quitter, Monsieur.

LOPEZ

Madame, vous me désespérez... Eh ! pourquoi me nommer Fauteur de vos chagrins? pourquoi quitter M. le duc? Venez à Madrid vous-même, venez partager les honneurs qui l'attendent ; embellissez nos fêtes de vôtre éclat ; paraissez, effacez mille rivales... partez avec lui.

LA DUCHESSE

C'était mon dessein, mais une détermination si prompte. . .

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