LA DUCHESSE, LOPEZ OZORIO
LOPEZ. '
Madame, les derniers instans qui me restent à vous yoir , me seraient précieux , si je n'avais pas à vous parler d'objets qui vous affligent.
LA DUCHESSE
Vous avez reçu , sans doute , une lettre de M. le duc.
LOPEZ
Il m'avertit encore d'un délai , tandis que mes dépêches expédiées ce matin , annoncent à jour fixe son départ.
Qu'est-ce que deux ou trois jours?
LOPEZ
L'impatience de la cour, mes propres affaires me commandent la promptitude, et je n'ose...
LA DUCHESSE
M'obliger, Monsieur?...
LOPEZ
Ah ! Madame , si la vice-reine ne m'eût ordonné tout à l'heure de hâter les disposition^ prises avec M. le duc...
LA DUCHESSE
Elle a pu vous l'ordonner avant de m'avoir vue. Quel-
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qam préventions injustes que ma présence vient de «détruire , dut dicté cet ordre qu'elle révpqj&ena sans peine.
LOPEZ
Si elle m'autorise. . .
LA DUCHESSE
Je juge quelle sera ta dette de ma reconnaissance pour elle , à ce qu'il vous en coûtait pour m'étre favorable.
LOUPEZ.
Doutez-vous , Madame , de rembarras où vous me jetez? Est-il une situation plus pénible que celle d'un homme entre son devoir et vous?
LA DUCHESSE
11 m'a paru que vous n'aviez pas même l'irrcaokitioii à combattre.
LOPfcZ.
Je ne le cache point ; j'aurais bravé pour vous plaire , et la vice-reine, et la cour, et les ministres; «Hais vos froideurs m'exilent , et je me rends à mon devoir.
LA DUCHESSE
Ce dernier motif est louable. Souffrez que je regarde les autres comme un adrok artifice pour éviter les demandes que j'aurais pu vous adresser encore.
LOPEZ
Ainsi vous attribuez à un vil manège de courtisan l'expression d'une douleur si vraie ?
LA DUCHESSE
J'ai sujet de la mettre en -doute... car à vous voir si empressé de... quitter Lisbonne...
LOPEZ
Eh! qui pourrait m'y retenir? Depuis mon arrivée, que