ACTE III , SCÈNE VU
faut : quelque ambition que l'on vous prêtât , le châtiment n'en retomberait pas sur nos têtes.
Lfl fttJQ.
Vous ignorez la cruauté de Vasconoellos; il voudrait effrayer par un exemple eeux qui seraient tenté) de me prendre pour modèle*
la duchessb.
Si itt cruauté roua est connue, pourquoi la braver ton* finit en voua exposant de la sorte?
le nue.
Oui , j'étais prudent lorsque je refusai d'entrer dans toutes ces brigues , lorsque je préférai l'innocence et la paix aux perplexités cruelles où me voilà. J'étais sage alors^ mais vos jours sont menacés , mais notre chute peut écraser ma fille; mais je ne vois, ne connais, ne respecte plus rien, entraîné par mes sollicitudes paternelles. Venez, vous dis-je; emmenons-la, sauvons-la.
LA DUCHESSE
Demeurez.... elle ignore tout.... L'indiscrétion de son
âge....
LE DUC
Toujours se taire, se cacher, ô contrainte! Avais -je raison de fuir ces lâchetés , ces tourmens? Depuis que Ton m'a fait ambitieux , ne m'est-il plus permis d'être époux et père?
LA DUCHESSE
Eh 1 me croyez*vous moins agitée des sentimens qui vous combattent? Homme injuste! avez-vous eu ses regards à soutenir , vos larmes à lui cacher , sa tendresse à tromper ? Cette fille que vous voulez précipiter dans l'abîme par une
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folle précaution , elle est aussi la mienne ; mes soins Font élevée , embellie ; elle est ma richesse. Vous osez me reprocher mon ambition! qui recueillera le fruit de mes peines , si ce n'est elle et vous , vous qui blessez un cœur rongé d'inquiétudes? Quoi! lorsqu'une faible femme les dissimule, que ses affections sont vaincues, ses craintes surmontées , qu'elle brave pour vous les fers , l'exil , les supplices , le duc de Brggance la méconnaît et l'injurie ! . . . Ah ! je m'aperçois , Monsieur, que je n'étais pas assez forte pour tant d'assauts répétés; oui, j'y succombe.... Aurais-je en effet pu m'attendre que celui dont le courage me devait applaudir serait le premier à m'accabler de son courroux?
LE DUC
Cessez de vous en plaindre!... il vous prouve à quel point mon amour «st alarmé.... Laissez-moi seulement voir ma fille.
LA DUCHESSE
Non , non , vous ne la verrez pas. Vos discours , votre aspect, l'épouvanteraient.... Encore une fois, vous ne la verrez pas.
LE DUC
Je la verrai , Madame ; je la verrai.
LA DUCHESSE
Calmez cette fureur.
LE DUC
Dormez sur le volcan , si cela vous plaît ; je ne veux pas , qu'il la dévore.
LA DUCHESSE
Monsieur, Monsieur, disposez de moi , de ma fille ; et si