SCENE CINQ^UIEME
La Baronne , à la comtesse , avec un petit haussement d'épaule.
Elle a raison , Mieux vaudrait parler franc.
[A Éliane, avec bonté.)
Imagine qu'un songe Etend autour de nous son radieux mensonge ; Ferme à demi les yeux, souris et laisse-toi Sur son aile embrasée emporter sans émoi Bientôt, tu le verras, le réveil en ton âme De la réalité fera briller la flamme.
Il suffit... va... c'est bien.
[A la comtesse qui entraîne Eliane.) Comtesse, hâtez-vous.
La Comtesse, à Eliane, tandis qu'on lui enlève son voile.
Tu frissonnes, enfant?
Elise, railleuse.
Bah!
La Comtesse.
Suzette, aidez-nous.
[La baronne est assise , tandis que la comtesse et Sujette commencent à déshabiller Eliane. On lui enlève sa robe.)
La Baronne, aux deux femmes qui soufflent les bougies.
Eteignez promptement.
Elise, à la baronne.
En effet, le mystère Me paraît de saison.
[S' employant., comme la comtesse, à déshabiller E liane.)
Je vous aide, ma chère, Et défais son collier.
[L'exannnant.]
Le gracieux bijou !
[A la comtesse, en désignant Eliane.)
Ciel ! quel signe coquet on lui voit près du cou ! Pour les yeux d'un mari, l'heureuse découverte !
La Comtesse.
Ménagez vos discours. Elise,
Elise.
A quoi bon?Certe Je me tromperais fort, si les bras que voici Ne retenaient l'amour longtemps captif ici.