ACTE SECOND, SCENE XVI
(Entre le gendarme, une lettre à la main.)
Que nous apportez-vous?
[Il prend la lettre, il lit à part.)
Juste ciel! c'en est fait! O ragel
[Haut.)
Écoutez tous.
Notre seigneur le roi, l'infante sa pupille. Arriveront ce soir dans cette bonne ville. Allez, et que chacun s'apprête galamment A fêter, comme on doit, ce grand événement.
Tous.
Vive, vive le roi !
Le Prince, se découvrant.
Messieurs, vive l'infante!
Tous.
Vive l'infante !
Le Prince, étendant la main.
Bien.
[A part.) O fortune inconstante,
202 l'arrivée de l'infante.
Achetons leur silence en pardonnant à tous.
[Haut.)
Nobles, bourgeois, manants, ensemble écoutez-nous. Désireux de donner une preuve éclatante De notre affection, en l'honneur de l'infante, Ordonnons que, trois jours, nos spectacles royaux S'ouvrent gratuitement à nos sujets loyaux. Pepe tiendra le cirque, et senora la scène.
Tous.
Hourrah pour monseigneur !
JuANA et Pepe-Illo, s'^incUnant.
Quel honneur 1
Le Prince, prenant la main de Jiiana.
Inhumaine, J'ai fait grâce à chacun, mais vous, i\ votre tour, Rccompcnserez-vous le prince, quelque jour?
JuANA, froidement.
La main que vous tenez était au bras d'un autre.
Le Prince , piqué.
C'en est trop !