SUZETTE
L'appartement est éblouissant de clarté. Le lustre, les girandoles, les candélabres, sont garnis de leurs bougies que deux femmes achèvent d'allumer. Sujette termine les derniers arrangements de la nuit,
SuZETTE.
Le tempsfuit . . . hâtons-nous. . . Preste, mesdemoiselles. . . Ici l'Amour ce soir vient déployer ses ailes.
b LE COUCHER DE LA MARIEE.
Du soin de l'accueillir soyons fîères... Qu'un jour
A chacune de nous il sourie à son tour.
Déjà la compagnie îl s'éloigner s'apprête.
Le calme aura bientôt remplacé cette fête,
Et, la main dans la main, tremblants, les deux époux
Se rendront en ces lieux...
{Levant les yeux ait ciel.)
Quel instant !
{Aux femmes.)
Hâtons-nous...
Voici ce que tantôt, avec son gai sourire. Madame la baronne, en secret, vint médire: « Suzette, écoute bien, fit-elle. Ce moment. Où la femme s'avance en un trouble charmant, Doit offrir la splendeur d'une pompe royale. Aussi, pare avec art la chambre nuptiale. En festons sur les murs répands mille clartés. Evoque du bonheur les tendres voluptés; Par les plus doux objets flatte, charme la vue. Afin qu'en arrivant, lentement, l'àmc émue, La jeune épouse puisse, à ses yeux éblouis. Voir près d'elle accourir les grâces et les ris. Eh! oui, Suzette, il faut avec tant d'artifice De la chère victime adoucir le supplice,