SCENE TROISIEME. II
Les honneurs en seront mieux faits par vous à celle
Qui vient de vous jurer une amour éternelle.
Ne vous étonnez pas de ces apprêts joyeux.
Nous touchons à l'instant sacré, mystérieux,
Où, debout sur le seuil d'une nouvelle vie,
L'épouse en relevant sa paupière ravie
Ne doit voir que splendeur, gaîté, bonheur aussi.
Et j'ai fait de mon mieux pour qu'il en soit ainsi.
Semblable pompe eut lieu lors de mon mariage;
Du bon temps d'autrefois c'est un antique usage!
Et cette heure adorable et cruelle en mon cœur
Du passé fait renaître encore la douceur.
. . . Ah! chevalier, qu'un jour souvenance pareille
Chez votre jeune femme, à ce propos, s'éveille!
Lorsque je mariai la comtesse, au château
Ce fut même apparat. Et ce soir, de nouveau
Je remets en honneur cette loi de famille,
Pour les noces enfin de ma petite-fille.
Aimable chevalier, vous me voyez au bout
De ces détails galants... pourtant ce n'est pas tout.
Tandis que nos amis offrent à votre femme
Leurs compliments, souffrez que de vous je réclame
Quelques instants de plus d'attention ici.
Asseyons-nous.
{Elle s^étale dans une bergère.)
Le Chevalier, timide.
Je suis à vos ordres.
Merci.
Si vous manifestez, monsieur, quelque surprise De vous voir marié, je ne suis pas remise Moi-même de l'émoi d'un aussi prompt hymen. Ah! le roi l'a voulu, son ordre est souverain. Voilà trois jours, je crois, qu'il vit à la chapelle Notre chère Eliane. Au même instant sur elle Son regard s'arrêta. La marquise, dit-on. En frémit un moment. « Qu'on me sache le nom, Fit-il à haute voix, de cette jeune fille, m Quand il le sut: « Hélas! encore une famille Qui disparaît. Tant pis. » Mon gendre avait été Un de ses favoris. « Que votre Majesté Sur ce point important soudain se tranquillise, » Lui dit en souriant notre cousine Elise. « Pourquoi? Parlez. — Je saisunhommede ce nom. — Un gentilhomme? — Il est parent de l'autre. — Bon! Qu'on le cherche. Jadis j'ai fort aimé le père De cette jeune fille, et si l'on sait nous plaire. On l'unira demain à son jeune parent. » Chevalier, le bonheur vous surprit en dormant.