ACTE PREMIER, SCENE IV
Le Page.
C'est qu'ilvousdéplaîtqu'onvousaime, inhumaine.
JUANA
Soit; et si tu reviens, je ne t'entendrai pas. Allons, mon Roméo, disparaissez...
Le Page.
Hélas!
Roméo s'en allait emportant dans son ame Des délires divins et des transports de flamme; Sûr de les^retrouver, l'espoir le soutenait; Juliette au départ sur son front s'inclinait, Et le doux rossignol, hôte aimé de l'aurore, Les saluait tous deux de son refrain sonore. — Mais ici rien n'est vrai 1 L'oiseau ne chante pas; Nul ardent souvenir n'accompagne mes pas ; Juliette à mes yeux ne daigne point paraître, Et Roméo plaintif descend de la fenêtre.
Juana , émue.
Tu reviendras tantôt, mon ami... je t'attends.
Le Page.
Je vous aime, Juana.
lyo L ARRIVEE DE L INFANTE.
JUANA
Pendant quelques instants Peux-tu fermer ies yeux?
Le Page.
Oui, si c'est pour me dire Que vous m'aimez.
JUANA
Peut-être.
Le Page. {La tête en avant et fermant les yeux.)
Eh bien , c'est fait.
[Juana, alors, s^ avance, le baise rapidement au front et disparait.)
Le Page.
Délire!
Mon front brûle... Merci, Juana, c'est le bonheur.