‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 103 sur 238 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

A la cour.

LE ROI, entouré de ses courtisans; RUTTEN.

LE ROI

Mes amis, je vous ai annoncé, il y a déjà longtemps,

les fiançailles de ma chère Elsbelh avec le prince de

Ai^'^'T'^^lfif^'J

162 FANTASIO

Mantoue. Je vous annonce aujourd'hui l'arrivée de ce prince ; ce soir peut-être, demain au plus tard, il sera dans ce palais. Que ce soit un jour de fête pour tout le monde; que les prisons s'ouvrent, et que le peuple passe la nuit dans les divertissements. Rutten^ où est ma fille ?

Les cour^ans se retirent.

RUTTEN

Sire, elle est dans le parc avec sa gouvernante.

LE ROI

Pourquoi ne l'airje pas encore vue aujourd'hui? Est-elle triste ou gaie de ce mariage qui s'apprête ?

RUTTEN

Il m'a paru que le visage de la princesse était voilé de quelque mélancolie. Quelle est la jeune fille qui ne rêve pas la veille de ses noces ? La mort de Saint-Jean l'a contrariée.

LE ROI

Y penses-tu ? La mort de mon bouffon 1 d'un plaisant de cour bossu et presque aveugle 1

RUTTEN

La princesse l'aimait.

LE ROI

Dis-moi, Rutten, tu as vu le prince ; quel homme est-ce? Hélas I je lui donne ce que j'ai de plus précieux au monde, et je ne le connais point.

RUTTEN

Je suis demeuré fort peu de temps à Mantoue.

LE ROI

Parle franchement. Par quels yeux puis-je voir la vérité, si ce n'est par les tiens ?

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