ACTE I, SCÈNE II
mis de rire? Vous verrez qu'il sortira un drôle en habit vert de tous les pavés de la ville, pour nous prier d'aller rire dans la lune.
Entre Marinoni, couvert d'un manteau.
SPABK.
La princesse n'a jamais fait un acte de despotisme de sa vie. Que Dieu la conserve ! Si elle ne veut pas qu'on rie, c'est qu'elle est triste, ou qu'elle chante ; laissonsla en repos.
FACIO
Humph ! voilà un manteau rabattu qui flaire quelque nouvelle. Le gobe-mouche a envie de nous aborder.
MARINONI, approchant.
Je suis étranger, messieurs ; à quelle occasion cette fête?
SFARE.
La princesse EUsbeth se marie.
MARINONI
Ah ! ah ! c'est une belle femme, à ce que je présume ?
HARTMAN
Comme vous êtes un bel homme, vous l'avez dit.
MARINONI
Aimée de son peuple, si j'ose le dire, car il me parait que tout est illuminé.
HARTMAN
Tu ne te trompes pas, brave étranger; tous ces lampions allumés que tu vois, comme tu l'as remarqué sagement, ne sont pas autre chose qu'une illumination.
MARINONI
Je voulais demander par là si la princesse est la cause de ces signes de joie.
<C6 FANTASIO
HARTMAN
L'unique cause, puissant rhéteur. Nous aurions beau nous marier tous, il n'y aurait aucune espèce de joie dans cette ville ingrate.
MARINONI
Heureuse la princesse qui sait se faire aimer de son peuple ! '
HABTBIAN.
Des lampions allumés ne font pas le bonheur d'un peuple, cher homme primitif. Gela n'empêche pas la susdite princesse d'être fantasque comme une berge^ ronnette.
liARINONI.
En vérité I vous avez dit fantasque ?
HARTMAN
Je l'ai dit, cher inconnu, je me suis servi de ce mot.
Marinoni salue et se retire.
PAGIO.
A qui diantre en veut ce baragouineur d'italien? Le voilà qui nous quitte pour aborder un autre groupe. U sent l'espion d'une lieue.
HARTMAN
u ne sent rien du tout; il est bête à faire plaisir.
SPARK
Voilà Fantasio qui arrive.
HARTMAN
Qu'a-t-il donc? il se dandine comme un conseiller de justice. Ou je me trompe fort, ou quelque lubie mûrit dans sa cervelle.
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