‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 108 sur 238 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

FACIO

Eh bien ! amî, que ferons-nous de cette soirée?

FANTASIO, entrant.

Tout absolument, hors un roman nouveau.

FACIO

Je disais qu'il faudrait nous lancer dans cette canaille, et nous divertir un peu.

L'important serait d'avoir des nez de carton et des pétards.

HARTIIAN.

Prendre la taille aux filles, tirer les bourgeois par la queue et casser les lanternes. Allons, partons, voilà qui est dit.

FANTASIO

Il était une fois un roi de Perse...

HARTMAN

Viens donc, Fantasio.

FANTASIO

Je n*en suis pas, je n'en suis pas.

HARTMAN

Pourquoi?

PANTASIO.

Donnez-moi un verre de ça.

Il boit.

HARTMAN

Tu as le mois de mai sur les joues.

FANTASIO

C'est vrai; et le mois de janvier dans le cœur. Ma

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tôte est comme une vieille cheminée sans feu : il n'y a

que du vent et des cendres. Ouf I

Il 8*assoit.

Que cela m'ennuie que tout le monde s'amuse! Je voudrais que ce grand ciel si lourd fût un immense bonnet de coton, pour envelopper jusqu'aux oreilles cette sotte ville et ses sots habitants. Allons, voyons, dites-moi, de grâce, un calembour usé, quelque chose de bien rebattu.

HARTMAN

Pourquoi?

FANTASIO

Pour que je rie. Je ne ris plus de ce qu'on invente; peut-être que je rirai de ce que je connais.

HARTMAN

Tu me parais un tant soit peu misanthrope et enclin à la mélancolie.

FANTASIO

Du tout; c'est que je viens de chez ma maîtresse.

FAGIO.

Oui ou non, es-tu des nôtres?

FANTASIO

Je suis des vôtres, si vous êtes des miens ; restons un peu ici à parler de choses et d'autres, en regardant nos habits neufs.

FACIO

Non, ma foi. Si tu es las d'être debout, je suis las d'être assis ; il faut que je m'évertue en plein air.

FANTASIO

Je ne saurais m'évertuer. Je vais fumer sous ces

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