LE MARQUIS, LE SECRÉTAIRE
• » LE MARQUIS
Combien je me trouve honoré, monsieur le secrétaire intime, en vous voyant prendre quelque plaisir à cette f$te qui' est la plus médiocre du mojide I
LE SECRÉTAIRE
Tout est pour le mieux, et votre jardin est charmant. Il n'y a qu'en Italie qu'on en trouve d'aussi délicieux.
LE MARQUIS
Oui, c'est un jardin anglais. Vous ne désireriez pas de vous reposer ou de prendre quelques rafraîchissements ?
LE SECRÉTAIRB.
Nullement.
LE MARQUIS
Que dites-vous de mes musiciens ?
LE SECRÉTAIRE
Ils sont parfaits; il faut avouer que là-dessus, monsieur le marquis, votre pays mérite bien sa réputation.
LE MARQUIS
Oui, oui, ce sont des Allemands. Ils arrivèrent hier de Leipsick, et personne ne les a possédés dans cette ville. Combien je serais rayi si vous aviez trouvé quelque intérêt dans le divertissement du ballet I
LE SECRÉTAIRE
A: merveille, et l'on danse très-bien à Venise.
LE MARQUIS
Ce sont des Français. Chaque bayadère me coûte deux cents florins. Pousseriez-vous jusqu'à cette terrasse?
LE SECRÉTAIRE
Je serai enchanté de la voir.
LE MARQUIS
Je ne puis vous exprimer ma reconnaissance. A quelle heure pensez-vous qu'arrive le prince notre maître? Car la nouvelle dignité qu'il m'a...
LE SECRÉTAIRE
Vers dix ou onze heures.
Ils s'éloignent en causant. — Lauratte entre ; madame Baibi ne lève et va à sa rencontre. Toutes deux demeurent appuyée? sur une balustrade, dans le fond de la scène, et paraissent s'entretenir. En ce moment, Razetta, masqué, s'avance vers l'avant-scène.
RAZETTA
n me semble que j'aperçois Laurette. Oui, c'est elle qui vient d'entrer. Mais comment parviendrai-je à lui parler sans être remarqué ? — Depuis que j'ai mis le