ACTE II, SCÈNE I
trompez de sens; il y a une erreur de sens dans vos paroles.
ELSBETH
Ne me fais pas de calembour, si tu veux gagner ton argent, et ne me compare pas à des tulipes, si tu ne veux gagner autre chose.
FANTASIO
Qui sait? un calembour console de bien des chagrins, et jouer avec les mots est un moyen comme un autre de jouer avec les pensées, les actions et les êtres. Tout est calembour ici-bas, et il est aussi difficile de comprendre le regard d*un enfant de quatre ans, que le galimatias de trois drames modernes.
ELSBETH
Tu me fais TefTet de regarder le monde à travers un prisme tant soit peu changeant.
FANTASIO
Chacun a ses lunettes ; mais personne ne sait au juste de quelle couleur en sont les verres. Qui est-ce qui pourra me dire au juste si je suis heureux ou malheureux, bon ou mauvais, triste ou gai, bête ou spirituel?
ELSBETH
Tu es laid, du moins ; cela est certain.
FANTASIO
Pas plus certain que votre beauté. Voilà votre père qui vient avec votre futur mari. Qui est-ce qui peut savoir si vous repenserez?
Usort.
ELSBETH
Puisque je ne puis éviter la rencontre du prince de
COUÉDIBS. I. t7
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Mantoue, je ferai aussi bien d'aller au-devant de lui.
Entrent le roi, Marinonl sous le costome de prince et le prince vêtu on aide de camp.
LE ROI
Prince, voici ma fille. Pardonnez-lui cette toilette de jardinière ; vous êtes ici chez un bourgeois qui en gouverne d*autres, et notre étiquette est aussi indulgente pour nous-mêmes que pour eux.
MARINONI
Permettez-moi de baiser cette main charmante, ma- , dame, si ce n*est pas une trop grande faveur pour mes lèvres.