ACTE II, SCÈNE IV
cela? Je te confie le plus grand projet qui se soit enfanté depuis une suite d'années incalculable, et toi mon meilleur ami, mon plus fidèle serviteur, tu entasses bêtises sur bêtises. Non, non, tu as beau dire, cela n'est point pardonnable.
MARINONI
Gomment pouvais-je empêcher Votre Altesse de s'attirer les désagréments qui sont la suite nécessaire du rôle supposé qu'elle joue? Vous m'ordonnez de prendre votre noiû et de me comporter en véritable prince de Mantoue. Puis-je empêcher le roi de Bavière de faire un afTront à mon aide de camp ? Vc us aviez tort de vous mêler de nos affaires.
LE PRINCE
Je voudrais bien qu'un maraud comme toi se mêlât de me donner des ordres !
MARINONI
Considérez, Altesse, qu'il faut cependant que je sois le prince ou que je sois l'aide de camp. C'est par votre ordre que j'agis.
LE PRINCE
Me dire que je suis un impertinent en présence de toute la cour, parce que j'ai voulu baiser la main de la princesse I Je suis prêt à lui déclarer là guerre, et à retourner dans mes États pour mé mettre à la tête de mes armées.
KARINONI.
Songez donc, Altesse, que ce mauvais compliment s'adressait h l'aide de camp et non au prince. Prétendez-vous qu'on vous respecte soiis ce déguisement?
200 FANTASIO
U suf&t. Rends-moi mon habit.
MÂRmONI, ôtant lliabiU
Si mon souverain Texige, je suis prêt à mourir pour lui.
LE PRINCE
En vérité, je ne sais que résoudre. D'un côté, je suis furieux de ce qui m*arrive, et,d*un autre, je suis désolé de renoncer à mon projet. La princesse ne parait pas répondre indifféremment aux mots à double entente dont je ne cesse de la poursuivre. Déjà je suis parvenu deux ou trois fois à lui dire à Foreille des choses incroyables. Viens, réfléchissons à tout cela.
MARINONI, tenant l'habit.
Que ferai-je. Altesse?
LE PRINCE
Remets-le, remets-le, et rentrons au palais*
Ils sortent.