‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 141 sur 238 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

dîner, cela deviendrait fastidieux, et quant à mai, je n'y comprends rien: — mais au dessert, entendez-vous?

MAITRE BRIDAINE

Si vous n*y comprenez rien. Monseigneur, il est pro« bable que votre nièce est dans le même cas.

Raison de plus; ne voulez-vous pas qu'une femme admire ce qu'elle comprend? D'où sortez-vous, Bridai&e? Voilà un raisonnement qui faitpitié.

HAITR6 BRIOAINE.

Je connais peu les femmes ; mais il me sembla qu'il est difficile qu'on admire ce qu'on ne comprend pas.

LE BARON

Je les 'connais, Bridaine, je connais ces êtres charmants et indéfinissables; Soyez persuadé qu'elles £dment à avoir de la poudre dans les yeux, et que plus on leur en jette, plus elles ^es écarquillent, afin d'en gober davantage.

Perdican entre d*an côté, Camille do Tautre.

Bonjour, mes enfants ; bonjour, ma chère Camille, lùon cher Perdican! embrassez-moi, et embrassezvous.

PERDICAN

Bonjour, mon père, ma sœur bien-aimée ! Quel bonheur I que je suis heureux I

CAMILLE

Mon pèfe et mon cousin, je vous salue.

PERDICAN

Gomme te voilà grande, Camille ! et belle comme le jour.

LEBARON»

Quand as-tu quitté Paris, Perdicau?

PERDICAN

Mercredi, je crois, ou mardi. Gomme te voilà métamorphosée en femme ! Je suis donc un homme, moi ? Il me semble que c'est hier que je t'ai vue pas plus haute que cela.

LE BAHON.

Vous devez être fatigués ; la route est longue, et il fait chaud.

PERDICAN

Ohî mon Dieu, non. Regardez donc, mon père, comme Camille est jolie 1

LE BARON

Allons, Camille, embrasse ton cousin.

CAMILLE

Excusez-moi.

LE BARON

Un compliment vaut un baiser ; embrasse-la, Perdican.

PERDICAN

Si ma cousine recule quand je lui tends la main, je vous dirai à mon tour : Excusez-moi ^ l'amour peut voler un baiser, mais non pas l'amitié.

L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre.

LE BARON, à maître Bridaine.

Voilà un commencement de mauvais augure, hé?

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