ACTE III, SCÈNE IL
HAITBE BRIDAINE.
Hélas ! le vin m'avait monté à la tête quand j'ai commis cette imprudence,
MAITRE BLAZIUS
Il me semble que voilà le curé.
MAITRE BRIDAINE
C'est le gouverneur en personne.
MAITRE BLAZIUS
Oh ! oh I monsieur le curé, que faites-vous !à*
MAITRE BRIDAINE
Moi ! je vais dîner. N'y venez-vous pas ?
Pas aujourd'hui. Hélas ! maître Bridaine, intercédez pour moi ; le baron m'a chassé. J'ai accusé faussement mademoiselle Camille d'avoir une correspondance secrète, et cependant Dieu m'est témoin que j'ai vu ou que j'ai cru voir dame Pluche dans la luzerne. Je suis perdu, monsieur le curé.
MAITRE BRIDAINE
Que m'apprenez- vous là?
MAITRE BLAZIUS
Hélas I hélas I la vérité. Je suis en disgrâce complète pour avoir volé une bouteille.
MAITRE BRIDAINE
Que parlez-vous, messire, de bouteilles volées à propos d'une luzerne et d'une correspondance?
MAITRE BLAZIUS
Je vous supplie de plaider ma cause. Je suis honnête, seigneur Bridaine. digne seigneur pridaine, je suis votre serviteur l ,
MAITRE BRIDAINB, à part.
fortune I esfr<;e un rôve? Je serai donc assis sur toi, 6 chaise bienheureuse I
MAITBE BLAZIUS.
Je TOUS serai reconnaissant d'écouter mon histoire, et de vouloir bien m'excuser, brave seigneur, cher curé.
MArrBE BRmAINB.
Cela m*est impossible, monsieur; il est midi sonné, et je m'en vais dîner. Si le baron se plaint de vous, c'est votre alTaire. Je n'intercède point pour un ivrogne.
A part.
Vite, volons à la grille ; et toi, mon ventre, arrondistoi.
n sort en courant.
JiAITRE BLAZIUS, seul.
Misérable Pluche, c'est toi qui payeras pour tous; ^ui, c'est toi qui es la cause de ma ruine, femme déboutée, vile entremetteuse, c'est à toi que je dois cette ^iisgrâce. sainte Université de Paris I on me traite d'ivrogne! Je suis perdu si je ne saisis une lettre, et si je ne prouve au baron que sa nièce a une' correspondance. Je l'ai vue ce matin écrire à son bureau. Patience I voici du nouveau.
Passe dame Pluche portant une lettre
Pluche, donnez-moi cette lettre.
DAME PLUCHE
Que signifie cela? C'est une lettre de ma maltressd que je vais mettre à la poste au village»
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