ACTE III, SCÈNE II
honte peut-îl y avoir à aimer ? Elle a fait tout au monde pour me dégoûter, dit-elle, et j'ai le poignard dans le ceBur? Quel intérêt peut-elle avoir à inventer un romaxi pareil? Cette pensée que j'avais cette nuit est-elle donc vraie ? femmes I Cette pauvre Camille a peut-être ane grande piété I c'est de bon cœur qu'elle se donne à Dieu, mais elle a résolu et décrété qu'elle me laisserait au désespoir. Cela était convenu entre les bonnes amies avant de partir du couvent. On a décidé que Camille allait revoir son cousin, qu'on voudrait le lui faire épouser, qu'elle refuserait, et que le cousin serait désolé. Cela est si intéressant, une jeune fille qui fait à Dieu le sacrifice du bonbeur d'un cousin I Non, non, Camille, je ne t'aime pas, je ne suis pas au désespoir, je n'ai pas le poignard dans le cœur, et je te le prouverai. Oui, tu sauras que j'en aime une autre avant de partir d'ici. Holà ! brave homme I
Entre un paysan.
Allez au cbâteau ; dites à la cuisine qu'on envoie un
valet porter à mademoiselle Camille le billet que voici.
n écrit.
LE PAYSAN
Oui, monseigneur.
Il sort.
FERDICAN.
Maintenant à l'autre. Ah I je suis au désespoir ! Holà I Rosette, Rosette !
n frappe à une porte.
ROSETTE, ouvrant.
C'est vous, monseigneur! Entrez, ma mère y est.
PERDIGAN.
Mets ton plus beau bonnet, Rosette, et viens avec moL
ROSETTE
Où donc?
PERDIGAN.
Je te le dirai.; demande la permission à ta mère, mais dépèche-toi.
ROSETTE
Oui, monseigneur.
Elle entre dans la maison.
PEBiDICAN.
J'ai demandé un. nouveau rendez-vous à Gamillej et je suis sûr qu'elle y viendra ; mais, par le ciel, elle n'y trouvera pas ce qu'elle compte y trouver. Je veux faire la cour à Rosette devant Camille elle-même.
SCPNE III
Le petit bois.
Entrent CAMILLE ET LE PAYSAN.
LE PAYSAN
Mademoiselle, je vais au château porter une lettre pour vous ; faut-il que je vous la donne, ou que je la remette à la Cuisine, comme me l'a dît le seigneur Perdicàn ?
CAMILLE
Donne-la-moi.
LE PAYSAN
Si vous aimez mieux que je la porte au château, ce n'est pas la peine de m'attarder?