‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 180 sur 238 · SCÈNE VII LE BARON ET CAMILLE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII LE BARON ET CAMILLE

LE BARON

Si cela se fait, je deviendrai fou.

CAMILLE

Employez votre autorité.

LE BARON

Je deviendrai fou, et je refuserai mon consentement, voilà qui est certain.

CAMILLE

Vous devriez lui parler et lui faire entendre raison.

LE BARON

Cela me jettera dans le désespoir pour tout le carnaval, et je ne paraîtrai pas une fois à la cour. C'est un mariage disproportionné. Jamais on n'a entendu parler d'épouser la sœur de lait de sa cousine; cela passe toute espèce de bornes.

Faites-le appeler, et dites-lui nettement que ce mariage vous déplaît. Croyez-moi, c'est une folie, et il ne résistera pas.

2d8 ON NE BADINE PAS AVEC L'AMOUR.

LE BARON

Je serai Têtu de noir cet hiver, tenez-le pour d> sure.

GAIOLLE.

Mais parlez-lui, au nom du ciel! C'est un coup de tète qu'il a fait ; peut-être n'est-il déjà plus temps ; sH en a parlé, il le fera.

LE BARON

Je Tais m*enfermer pour m'abandonner à ma douleur. Dites-lui, s'il me demande, que je suis enfermé, et que je m'abandonne à ma douleur de le voir épouser une fille sans nom.

Dsort.

CAMILLE

Ne trouverai-je pas ici un homme de cœur? En vérité, quand on en cherche, on est effrayé de sa solitude.

Entre Perdican.

Eh bien I cousin, à quand le mariage ?

PERDICAN

Le plus tôt possible; j'ai déjà parlé au notaire, au curé et à tous les paysans,

Vous comptez donc réellement que vous épouserez Rosette ?

PERDICAN

Assurément.

CAMILLE

Qu'en dira votre père?

PERDICAN

Tout ce qu'il voudra; il me plaît d'épouser cette fille:

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