ACTE III, SCÈNE VI
qnp/foîs nap passe-temps, par folie, comme elle ment par nécessité ?
FERDICAir.
Je n'entends rien à tout cela, et je ne mens jamais. Je t'aime, Camille, voilà tout ce que je sais.
CAMILLE
Vous dites que vous m'aimez, et vous ne mentez jamais,
PEBDIGAN.
Jamais.
CAMILLE
En voilà une qui dit pourtant que cela vous arrive quelquefois.
Elle lève la tapisserie ; Rosette parait aa fond évanonio sur une chaise.
Que répondrez-vous à cette enfant, Perdican, lorsqu'elle vous demandera compte de vos paroles ? Si vous ne mentez jamais, d'où vient donc qu'elle s'est évanouie en vous entendant dire que vous m'aimez ? Je vous laisse avec elle ; tâchez de la faire revenir Elle veut sortir.
PERDICAN
Un instant, Camille, écoutez-moi,
CAMILLE
Que voulez-vous me dire ? c'est à Rosette qu'il faut parler. Je ne vous aime pas, moi; je n'ai pas été chercher par dépit cette malheureuse enfant au fond de sa chaumière, pour en faire un appât, un jouet; je n'ai pas répété imprudemment devant elle des paroles brûlantes adressées à une autre; je
n'ai pas feint de jeter au vent pour elle le souvenir d*une amitié chérie ; je ne lui ai pas mis ma chaîne au cou ; je ne lui ai pas dit que je Tépouserais.
PERDIGAN.
Écoutez-moi, écoutez-moi!
CAMILLE
N'as-tu pas souri tout à Theure quand je t'ai dit que je n'avais pu aller à la fontaine ? Eh bien ! oui, j'y .étais et j'ai tout entendu; mais, Dieu m'en est témoin, je ne voudrais pas y avoir parié comme toi. Que feras-tu de cette fille-là, maintenant, quand elle viendra, avec tes baisers ardents sur les lèvres, té montrer en pleurant la blessure que tu lui as faite ? Tu as voulu te venger de moi, n'est-ce pas, et me punir d'une lettre écrite à mon couvent ? tu as voulu me lancer à tout prix quelque trait qui pût m'atteindre, et tu comptais pour rien que ta flèche empoisonnée traversât cette enfant, pourvu qu'elle me frappât derrière elle. Je m'étais vantée de t'avoir inspiré quelque amour, de tfl laisser quelque regret. Gela t'a blessé dans ton noble orgueil? Eh bien I apprends-le de moi, tu m'aimes, entends-tu : mais tu épouseras cette fille, ou tu n'es qu'un lâche î
PERDIGAII.
Oui, je repoussai.
CAMILLE
Et tu feras bien.
PERDIGAN.
Très-bien, et beaucoup mieux qu'en t'épousant toimême. Qu'y a-t-il, Camille, qui t'échauffe si fort?