ACTE II, SCÈNE IIl
puis supporter. Ceu'est pas moi qui- suis offensé, c*e$t mon honneur.
LA REINE
De quoi s'agit-il? Parlez.
ULRIC
Madame, j*ai laissé au fond de 'mon château une femme belle comme la vertu. Ce jeune homme, que je ne connais pas et qui ne connaît pas ma femme, n'en' . ^ pas moins dirigé contre elle des railleries dont il fait Çloii'e. Je proteste à vos pieds qu'aujourd'hui même j'ai refusé de tirer l'épée, par respect pour la place où jo suis.
LA REINE, à Rosemberg.
Vous paraissez bien jeune, mon enfant; Quel motif à pu vous porter à médire d'une femme qui vous est inconnue?
ROSEMBERG
Madame, je n'ai pas jnédit d'une femme. J'ai exprimé mon opinion sur toutes les femmes en général,- et ce n'est pas ma faute si je ne puis la changer.
LA REINE
îln vérité, je croyais que l'expérience n^avâit pas la barbe aussi blonde.
ROSEMBERG
Madame, il est juste et croyable que Votre Majesté défende la vertu des femmes; mais je ne puis avoir pour cela les mêmes raisons qu'elle.
LA REINE
C'est une réponse téméraire. Chacun peut en effet avoir sur ce sujet l'opinion qu'il veut; mais que vous
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en semble, Messieurs? N*y a-t-il pas une présomptueuse et hautaine folie à prétendre juger toutes les femmes? C'est une cause bien vaste à soutenir, et si j'y étais ayocat, moi, votre reine en cheveux gris, mon enfant, je pourrais mettre dans la balance quelques paroles que vous ne savez pas. Qui donc vous a appris, si jeune, à mépriser votre nourrice ? Vous qui sortez apparemment de récole, est-ce là ce que vous avez lu dans les yeux bleus des jeunes filles qui puisaient de Teau dans la fontaine de votre village? Vraiment! le premier mot que vous avez épelé sur les feuilles tremblantes d'une légende céleste, c'est le mépris? Vous l'avez à votre âge? Je suis donc plus jeune que vous, car vous me faites battre le cœur. Tenez, posez la main sur celui du comte Ulric; je ne connais pas sa femme plus que vous, mais je suis femme, et je vois comment son épée lui tremble encore dans la main. Je vous gage mon anneau nuptial que sa femme lui est fidèle comme la vierge l'est à Dieu!
ULRIC
Reine, je prends la gageure, et j'y mets tout ce que je possède sur terre, si ce jeune homme veut la tenir.
ROSEMBERG
Je suis trois fois plus riche que vous.
LA REINE
Gomment t'appelles-tu ?
ROSEMBERG
Astolphe de Rosemberg.
LA REINE
Tu es un Rosemberg, toi? Je connais, ton père, il mil