SCÈNE n. • di
cette gaze, le mari le respectera. Mais la princesse d^Eysenach rougit.
LAUHETTE.
Prince!
LE PBmCE.
Êtes-vous étonnée de me voir sourire ? — J'ai retenu un mot de Shakespeare sur les femmes de cette ville.
LAURETTE
Un mot?
LE PRINCE
Perfide comme Tonde. Est-il défendu d'aimer à avoir des rivaux ?
LAURETTE
Vous pensez?...
LE PRINCE
A moins que ce ne soient des rivaux heureux, et celui-ci ne Test pas.
LAURETTE
Pourquoi?
LE PRINCE
Parce qu'il écrit.
LAURETTE
C'est à mon tour de sourire, quoiqu'il y ait ici un grain de mépris.
LE PRINCE
Mépris pour les femmes ? Il n'y a que les sots qui le croient possible.
LAURETTE
Qu'en aimez-vous donc ?
LE PRÎSiCE.
Tout, et surtout leurs défauts.
32 LA NUIT VÉNITIENNS.
LAURETTE
Ainsi, le mot de Shakespeare...
LE PRINCE
Je le voudrais pour réponse au billet.
Et que dirait-on ?
LE PRINCE
Ceci est une pensée française, et ce n'est pas de voîî3 que j'en attendais...
LAURETTE
Insultez-vous la France ? Vous parliez de beauté et d'esprit. Le premier des biens...
LE PRINCE
C'est le cœur. L'esprit et la beauté n'en sont que les voiles.
LAURETTE
Ah ! qui sait ce que voit celui qui les soulève ? C'est une audace I
LE PRINCE
Il n'y en a plus après la noce... Vous tremblez encore?
LAURETTE
J'ai cru entendre du bruit.
LE PRINCE
Au fait, nous sommes presque dans un jardin ; si vous ne teniez pas à ce sofa...
LAURETTE
Non...
Ils se lèvent ; ïe prince veut réntraîner.
LE prince:
Est-ce de répoux ou dé l'amant que vous avez peur?