‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 223 sur 238 · ACTE. III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE. III, SCÈNE V

ROSEMBERG

Est-ce possible ? quoi I vous cultivez ce vieux métier de nos grand'mères ? vous plongez vo& belles mains dans cette filasse ?

BARBERINE

Je tâche qu'elles se reposent le moins possible. Est-ce que votre tante ne file pas ?

ROSEMBERG

Mais ma tante est vieille, Madame ; il n'y a que les vieilles femmes qui filent.

BARBERINE

Vraiment I en êtes-vous bien sûr ? Je ne crois pas qu'il en doive être ainsi. Ne connaissez-vous pas cette ancienne maxime, que le travail est une prière? Il y a longtemps qu'on a dit cela. Eh bien! si ces deux choses se ressemblent, et elles peuvent se ressembler devant Dieu, n*est-il pas juste que la tâche la plus dure soit le partage des plus jeunes ? N'est-ce pas quand nos mains sont vives, alertes et pleines d'ac^ tivité qu'elles doivent tourner le fuseau ? Et lorsque l'âge et la fatigue les forcent un jour de s'arrêter, n'est-ce pas alors qu'il est temps de les joindre, en laissant faire le reste à la suprême bonté ? Croyezmoi, seigneur Rosemberg, ne dites pas de. mal de nos quenouilles, non pas même de nos aiguilles ; je vous le répète» ce sont nos armes. Il est vrai que vous autres hommes, vous en portez de. plus.glorieuses» mais celles-là ont aussi leur prix ; voici ma lance et mopépée.

Elle montre la quenouille et le fi^eau*.

3S6 . BARBERINE

ROSEMBERG, à part.

• Le sermon n*est pas mal tourné, mais me voilà loin de mon pari. Tâchons encore d'y revenii Haut n n'est pas possible, Jif aidame, d'être contredit quand on dit ^i bien. Mais vous permettrez, s'il vous plaît, armes pour armes, que je préfère les nôtres.

FARBERINE.

Les combats vous plaisent, à ce que je vois ?

Le demandez-vous à un gentilhomme ? Hors la guerre et Tamour, qu'a-t-il à faire au monde ?

BARBERINE

Vous avez commencé bien jeune. Eipliquez-moi donc une chose. Je nai jamais compris qu'un homme, couvert de fer, puisse diriger aisément un cheval qui en est aussi tout caparaçonné. Ce bruit de ferraille doit être assourdissant, et vous devez être là comme dans une prison.

ROSEMBERG, à part.

Je crois qu'elle cherche à me dérouter.

Haut.

Un bon cavalier ne craint rien, s'il porte la couleur do sa dame.

BARBERINE

Vous êtes brave, à ce qu'il paraît. Aimez-vous beaucoup votre tante ?

ROSEMBERG

De tout mon cœur, d'amitié s'entendi car pour Tamour, c'est autre chose. ' . *

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