‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 227 sur 238 · ACTE'III, SCÈNE Yll · texte numérisé non relu

ACTE'III, SCÈNE Yll

• ' - ROSEMBERG. . • '

Ôh ! ouï. •

BAKBHlINE.

• Eh bien ! continuez.

*^ * ROSEMBERG

•Je n'en ai plus le courage, Madame, je ne sais comment j'avais pu oser...

, BARBERINË.

Et vous n'osez plus I Vous me disiez, je crois, que vous aviez de l'amour pour une femme qui est mariée à l'un de vos amis ?

ROSEMBERG. : .;

Un de mes amis, je n'ai pas dit cela.

BARBERlNE.

Je croyais l'avoir entendu. Mais êtes-vous sûr que j'aie mal compris ? ^

ROSEMBERG, à part. ;

Que veut-elle dire ? ce regard si terrible me sçmble à présent singulièrement doux.

BARBERlNE.:

Eh bien l vous ne répondez pas ?

ROSEMBERG

Ah] Madame... Si vous avez pénétré ma pensée..^

BARBERnVE.

Est-ce une raison pour ne pasila dire ?

ROSEMBERG. '

-Non, je le vois 1 vous m'avez deviné. Ces beaux yeux ont lu dans mon cœur, qui se trahissait malgré moi. Je ne saurais :vous cacher plus longtemps un sentiment plus fort que ma raison, plus puissant même que mon

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respect pour vous. Apprenez donc à la fois, comtesse, et ma souffrance et ma folie» Depuis le premier jour où je vous ai vue, j'erre autour de ce château, dans ces montagnes désertes I.«. L'armée^ la cour ne sont plus rien pour moi; j'ai tout quitté dès que j'ai pu trouver un prétexte pour me rapprocher de vous, ne fût-ce qu*un instant. Je vous aime, je vous adore I voilà mon secret. Madame ; avais-je tort de vous supplier de ne pas m'en punir I U met un genou en terre.

BARBERINE, à part.

n ne ment pas mal pour son âge.

Haut.

Vous aviez, dites-vous, la crainte d'être puni; — n'aviez-vous pas celle de m'offenser?

ROSEMBERG, se levant.

En quoi l'amour peut-il être une offense? Qui est-ce offenser que d'aimer?

Dieui qui le défend I

ROSEMBERG

Non, Barberine I puisque Dieu a fait la beauté, comment a-t-il pu défendre qu'on l'aime? C'est son image la plus parfaite.

BARBERINE

Mais si la beauté est l'image de Dieu, la sainte foi jurée à ses àutëls n'est-elle pas un bien plus précieux? S'est-il contenté de créer, et n'a-t-il pas, sur son œuvre céleste, étendu la main comme un père^, pour défendre et pour protéger?

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