‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 233 sur 238 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

ROSEMBERG

Encore un mot, ne partez pas.

BABBERINB.

Que voulez-vous?

ROSEMBERG

Mais.., mais... comtesse... en vérité..* je suis, je... ne sais pas filer. Gomment voulez-vous que je file?

BARBERINE

Apprenez.

EUe ferme le guichet

Non, jamais je ne filerai, quand le ciel devrait m*écraserl Quelle cruauté raffinée! Voyez donc cette Barberinel elle était en déshabillé, elle va se mettre au lit à peine vêtue, en cornette, et plus jolie cent fois... Ahl la nuit vient; dans une heure d'ici il ne fera plus clair.

n 8*a880it.

Ainsi, c*est décidé, il n*en faut pas douter. Non-seulement je suis en prison, mais on veut m'avilir par le dernier des métiers. Si je ne file, ma mort est certaina Ah! la faim me talonne cruellement. Yoilà six heures que je n*ai mangé ; pas une miette de pain depuis ce matin à déjeuner! Misérable UladislasI puisses-tu mourir de faim pour tes conseils! Où diantre suis-je venu me fourrer? Que me suis-je mis dans la tête? J*avais bien affaire de ce comte Ulric et de sa bégueule de comtesse! Le beau voyage que je fais! J'avais de l'argent, des chevaux, tout était pour le mieux; je me serais diverti à la cour. Peste soit de l'entreprise I J'aurai

366 BARBERIlfB.

perdu mon patrimoine^ et j'sofai appijis à ûlerl... Le jour baisse de plus en plus, et la faim augmente en proportion. Est-ce que je serais réduit à filer? Non, mille fois non! J'aimerais mieux mourir de flaim comme un gentilhomme. Diable!... vraiment, si je ne file pas, i) ne sera plu^ temps tout à rheore.

n se lèr«.

Comment est-ce donc fait, cette quenouille? Quelle machine diabolique est-ce là? Je n'y comprends rien. Gomment s'y prend-on? Je vais tout briser. Que cela est entortillé 1 Oh Dieu! j'y pense, elle me regarde; cela est sûr, je ne filerai pas.

Qui Tive?

Le 5oaTre*feu eeane.

BOIffîlIBBtG.

Le couvre-feu sonne! Barberine va^se coucher. Les' lumières commencent à s'allumer. Les mulets passent sur la route, et les bestiaux rendent des diamps. Oh, Dieul passer la nuit ainsi! là, dans cette prison! sans feu! sans lumière! sans souper! le froid t la faim! Hél holà! compagnon, n'y a-t^Q pas un soldat de garde? BAlBEBOfE, outrmnt le gokbec.

Ehbien?

tOSEMBEBe.

Jefilel comtesse, je file, faites-moi donnarà sanfmÊ»

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