ACTE m, SCÈNE IX
homme de mon rang? — Pou que je suis ! Cela prouve qu'elle m'aime ! elle n'en agirait pas si familièrement avec moi, si la plus douce récompense ne m'attendait. Voilà qui est clair, on m'éprouve peut-ôtre, on observe ma-contenance. Pour les déconcerter un peu, il faut que je me mette à chanter gaiement.
n chante.
Quand le coq de bruyère
Voit venir le chasseur,
Holà I dans la clairière»
Holàl landerîra.
Oh 1 le hardi compère 1
Franc chasseur, Tarme au poing,
Holà ! remplis ton verre,
Holà ! landerira.
KALÉKAIRI» onYrant le guichet.
La maltresse dit, puisque vous ne filez pas, que vous vous passerez sans doute de souper, et elle croit que vous n'avez pas faim ; ainsi je vous souhaite une bonne
nuit.
Elle ferme le guichet.
ROSEMBERQ.
£alékairil écoute donc un peul écoute donc I ma petite, viens me tenir compagnie!... Est-ce que je serais pris au piège? voilà qui a l'air sérieux! Passer la nuit ici! tans souper! et justement j'ai une faim horrible! Combien de temps va-t-on donc me laisser ici? Assurément cela est sérieux. Mort et massacre! feu! sang! tonnerre! exécrable Barberine! misérable I infâme I bourreau! malédiction t Ah! malheureux que je suis! me voilà en prison. On va faire murer la porte! on me
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laissera mourir de faiml c'est une yengeauce du comte Ulric. HélasI hélas! prenez pitié de moi!... Le comte Ulric veut ma mort, cela est certain ! sa femme exécute ses ordres. Pitié! pitié! je suis mort! je suis perdu!... je ne verrai plus jamais mon père, ma pauvre tante Béatrice ! hélas ! ah I Dieu ! hélas ! c'en est fait de moi ! ... Barberine! madame la comtesse! ma chère demoiselle Kalékairi!... rage! ô feu et flammes! oh! si j'en sors jamais, ils périront tous de ma main; je les accuserai devant la reine elle-même, comme bourreaux et empoisonneurs. Ah ! Dieu ! ah ! ciel I prenez pitié de moil
BARBERINE, oaYrant le guichet.
Seigneur, avant de me coucher, je viens savoir si vous avez filé.
ROSEHBERG.
Non, je n'ai pas filé, je ne file point, je ne suis point une fllense. Âhl Barberine, vous me le payerez!
BARBERINE
Seigneur, quand vous aurez filé, vous avertirez le soldat qui monte la garde à votre porte.
Ne vous en allez point, comtesse. -^ Au nom du del, écoutez-moi.
BARBERINE
Filez, filez!
ROSEMBERG
Non, par la mort! non, par le sang! je briserai cette quenouille, Non, je mourrais plutôt.
BARBERINE
Adieu, seigneur!