ACTE I, SCÈNE HI
en toi quelque chose d'étrange. Veux-tu que nous allions dans ce salon? ne peux-tu parler devant ces femmes? A quoi puis-je t'être bon? réponds, il n'y a rien que je ne fasse. Mon ami, mon cher ami, doutes-tu de moi?
CORDUNI.
Tu l'as deviné, j'ai une querelle. Je ne puis parler ici. Je te cherchais ; je suis entré sans savoir pourquoi. On m'a dit que.... que tu étais ici, et je venais... Je ne puis parler ici.
LIONEL, entrant.
Maître, Grémio est assassiné I
ANDRÉ
Qui dit cela ?
Plusieurs domestiques entrent dans la chambre. UN DOMESTIQUE.
Maître, on vient de tuer Grémio ; le meurtrier est dans la maison. On l'a vu entrer par la poterne.
Cordiani se retire dans la foule.
ANDRÉ
Désarmes! des armes! prenez ces flambeaux, parcourez toutes les chambres; qu'on ferme la porte en dedans.
LIONEL
Il ne peut être loin ; le coup vient d'être fait à l'instant même.
ANDRÉ
11 est mort? mort? Où donc est mon épée? Ah! en Toilà une à cette muraille.
Il va prendre une épée. Regardant sa main.
62 ANDRÉ DEL SARTÔ.
Tiens i c'est singulier; ma main est pleine de sang. D'où me vient ce sang ?
LIONEL
Viens avec nous, maître ; je te réponds de le trouver.
ANDRÉ
D'où me vient ce sang ? ma main en est couverte. Qui donc ai-je touché ? je n'ai pourtant touché que.... tout àl'heure... Éloignez-vous ! sortez d'ici I
LIONEL
Qu'as-tu, maître? pourquoi nous éloigner?
ANDRÉ
Sortez! sortez I laissez-moi seul. C'est boni qu'on ne fasse aucune recherche, aucune, cela est inutile ; je le défends. Sortez d'ici, tou^I tous! obéissez quand je vous parle I
Tous 80 retirent en silence.
ANDRÉ, regardant sa main. .
Pleine de sang I je n'ai touché que la main de Cordiani.