ACTE II, SCÈNfi I
reste à Tendroit où tu comptes t'arrôter. A propos, où vas- tu?
GORDIANI.
Je ne sais. Dépêche-toi, Mathuria, dépêche-toi,
MATflURIN.
Cela est fait dans l'instant.
DAMIEN
Maintenant, mon ami, adieu.
CORDIANI
Adieu 1 adieu î Si tu vois ce soir, — je veux dire, — si demain, ou un autre jour...
DAMIEN
Qui? que veux-tu?
CORDIANI
Eien, rien. Adieu, Damien, au revoir.
DAMIEN
Un bon voyage !
MATHURIN
Monsieur, tout est prêt.
CORDIANI
Merci, mon brave. Tiens, voilà pour tes bons services durant mon séjour dans cette maison.
MATHURIN
Oh i Excellence I
CORDIANI, toujours assit.
Tout est prêt, n'est-ce pas?
MATHURIN
Oui, Monsieur. Vous accompagnerai-je?
CORDIANI
Certainement. — Mathurinl
72 ANDRÉ DEL SAUTO.
MATHURIN
Excellence?
CORDIANI
Je ne puis partir, Mathurin.
MATHURIN
Vous nepaitezpas?
CORDIANI
Non. C'est impossible, vois-tu.
MATHURIN
Avez-Yous besoin d'autre chose?
CORDIANI
Non, je n'ai besoin de rien.
CORDIANI, se levant.
Pâles statues, promenades chéries, sombres allées, comment voulez-vous que je parte? Ne sais-tu pas, toi, nuit profonde, que je ne puis partir? murs que j'ai franchis ! terre que j'ai ensanglantée \
MATHURIN
Au nom du ciel, hélas I il se meurt. Au secours l au
secours !
CORDIANI, se levant précipitamment.
N'appelle pas I viens avec moi.
MATHURIN
Ce n'est pas là notre chemin.
CORDIANI
Silence I viens avec moi, te dis-je! Tu es mort si In n'obéis pas.
MATHURIN
Où allez-vous, Monsieur?
CORDIANI
Ne t'effraye pas; je suis en délire. Cela n'est rien;