ACTE II, SCÈNE L
depuis que tu es à Florence, que j'ai trouvé ta porte fermée.
GORDUm.
C'est vrai.
ANDRÉ
Gela t'éto une, n'est-ce pas, que j'aie un tel courage*. Cela étonnerait aussi le monde, si le monde l'apprenait un jour. Je suis de son avis. Un coup d'épée est plus tôt donné. Mais j'ai un grand malheur, moi : je ne crois pas à l'autre vie ; et je te donne ma parole que si je ne réussis pas, le jour où j'aurai l'entière certitude que mon bonheur est à jamais détruit, je mourrai n'importe comment. Jusque-là, j'accomplirai ma tâche.
CORDIANI
Quand dois-je partir?
ANDRÉ
Un cheval est à la grille. Je te donne une heure. Adieu.
CORDIANI
Ta main, André, ta main !
ANDRÉ, revenant sur ses pas.
Ma main? A qui ma main ? T'ai-je dit une injure ? T'ai-je appelé faux ami, traître aux serments les plus sacrés ? T'ai-je dit que toi qui me tues, je t'aurais choisi pour me défendre, si ce que tu as fait, tout autre l'avait fait? T'ai-je dit que cette nuit j'eusse perdu autre chose que l'amour de Lucrèce? T'ai-je parlé de quelque autre chagrin ? Tu le vois bien, ce n'est pas à Cordiani que j'ai parlé. A qui veux-tu donc que je donne ma main ?
CORDIANI
Ta main, André I Un éternel adieu, mais un adieu I
ANDRÉ
Je ne le puis. Il y a du sang après la tienne, n sort.
GORDIANI, seul, frappe à la porte.
Holà, Mathurin I
MATHURIW.
Plaît-il, Excellence ?
CORDUNI.
Prends mon manteau ; rassemble tout ce que tu trouveras sur ma table et dans mes armoires. Tu en feras un paquet à la hâte, et tu le porteras à la grille du jardin.
Il s'assied.
MATHURIN
Vous partez, Monsieur ?
CORDIANI
Fais ce que je te dis.
DAMIEN, entrant.
André, que je rencontre, m'apprend que tu pars, Cordiani. Combien je m'applaudis d'une pareille détermination I Est-ce pour quelque temps?
CORDIANI
Je ne sais. Tiens, Damien, rends-moi le service d*ai* der Mathurin à choisir ce que je dois emporter. MATHURIN, sur le seuil de la pot te.
Oh I ce ne sera pas long.
DAMIEN
11 suffit de prendre le plus pressant. On t'enverra lo