SCÈNE
Dde plate-forme, à Textrémité du jardin. — Un réverbère allumé. MATHURIN, seul, puis JEAN.
MATHURIN
Oîi peut être allé ce jeune homme? Il me dit de l'attendre, et voilà bientôt une demi-heure qu'il m'a quitté. Comme il tremblait en approchant de la maison I Ahl s'il fallait croire ce qu'on en dit I
JEAN, passant.
Eh bien, Mathurin, que fais-tu là à cette heure?
MATHURIN
J'attends le seigneur Cordiani.
JEAN
Tu ne viens pas à l'enterrement de ce pauvre Grémio? On va partir tout à l'heure.
80 ANDRÉ DEL SÀRTO.
MATHURIN
Yraimentl J'en suis fâché : mais je ne puis quitter la place.
JEAN
J'y vais, moi, de ce pas.
MATHURIN
Jean, ne vois-tu pas des hommes qui arrivent du côté de la maison? On dirait que c'est notre maître et ses amis.
JEAN
Oui, ma foi, ce sont eux. Que diable cherchent-ils? Ils viennent droit à nous.
MATHURIN
N'ont-ils pas leurs épées à la main?
JEAN
Non pas, je crois. Si fait, tu as raison. Gela ressemble à une querelle.
MATHURIN
Tenons-nous à l'écart, et si je ne m'entends pas appeler, j'irai avec toi.
ns se retirent. — Lionel et Cordiani entrent. LIONEL.
Cette lumière nous suffira. Placez-vous ici, Monsieur ; n'aurez-vous pas de second?
CORDIANI
Non, Monsieur.
LIONEL
Ce n'est pas l'usage, et je vous avoue que pour moi j'en suis fâché. Du temps de ma jeunesse, il n'y avait guère d'affaires de cette sorte sans quatre épées tirées.