ACTE II, SCÈNE m
GORDIANI.
Ceci n'est pas un duel, Monsieur ; André n*aura rien à parer, et le combat ne sera pas long.
LIONEL
Qu'en tends-je? voulez-vous faire de lui un assassin?
GORDIANI.
Je m'étonne qu'il n'arrive pas,
ANDRÉ, entrant.
Me voilà.
LIONEL
Otez vos manteaux; je vais marquer les lignes. Messieurs, c'est jusqu'ici que vous pouvez rompre.
ANDRÉ
En garde I
DAHIEN, entrant.
Je n'ai pu remplir la mission dont tu m'avais chargé I Lucrèce refuse mon escorte; elle est partie seule, à pied, accompagnée de sa suivante.
ANDRÉ
Dieu du ciel I quel orage se prépare I U tonne.
DAIUEN.
Lionel, je me présente ici comme second de Cordianî, André ne verra dans cette démarche qu'un devoir qui m'est sacré ; je ne tirerai l'épée que si la nécessité m'y oblige.
CORDLAïa.
Merci, Damien, merci.
Êtes-vous prêts?
ANDRÉ
Je le suis. :
GORDIANI.
Je le suis.
Ils se battent. Cordiani est blessé.
DAMIEN* Cordiani est blessé !
ANDRÉ^ se Jetant siur lui Tu es blessé, mon ami?
LIONEL, le retenant.
Retirez-vous, nous nous chargeons du resle^
CORDIANI
Ma blessure est légère. Je puis encore tenir mon épée.
Non, Monsieur; vous allez souffrir beaucoup plus dans un instant; Tépée a pénétré. Si vous pouvez marcher, venez avec nous.
CORDIANI
Vous avez raison. Viens-tu, Damien? Donne-moi ton bras, je me sens bien faible. Vous me laisserez ches Manfredi.
ANDRÉ, bas à LioneL
La crois-tu mortelle?
LIONEL
Je ne réponds de rien.
Ils sortent.
ANDRÉ, seul.
Pourquoi me laissent-ils ? Il faut que j'aille avec eux. Où veulent-ils que j'aille ?
Il fait quelques pas vers la maison.
Ah 1 cette maison déserte I Non, par le ciel, je ny