ACTE III, SCÈNE I
GORDIANI.
Il est trop tard, Damien.
LIONEL
Prenez patience. Je vais frapper à cette maison.
n frappe.
Peut-être pourrons-nous y trouver quelque secours, en attendant l'arrivée du médecin. Personne I Il frappe de nouveau.
UNE VOIX en dedans.
Qui est là?
LIONEL
Ouvrez I ouvrez, qui que vous soyez vous-même. Au nom de l'hospitalité, ouvrez 1
LE PORTIER, ouvrant.
Que voulez-vous ?
UONEL.
Voilà un gentilhomme blessé à mort. Apporteznous un verre d'eau et de quoi panser la plaie. Le portier sort.
CORDIANI
Laissez-moi, Lionel. Allez retrouver André. C'est lui qui est blessé et non pas moi. C'est lui que toute la science humaine ne guérira pas cette nuit. Pauvre André I pauvre André !
LE PORTIER, rentrant.
Buvez cela, mon cher seigneur, et puisse le ciel venir à votre aide I
LIONEL
A qui appartient cette maison?
LE PORTIER
A Monna Flora del Fede.
COMÉDIES. T» t
GORDIANI,
La mère de Lucrèce I Lionel, Lionel, sortons d-Ud I
Il se soulève.
Je ne puis bouger ; mes forces m'abandonnent.
, LIONEL
Sa fille Lucrèce n'est-elle pas venue ce soir ici?
LE. PORTIER
Non, Monsieur.
LIONL^.
Non, pas encore I cela est singulier I
LE PORTIER
Pourquoi viendrait-elle à cette heure ?
Lucrèce et Spinette arriTenU . .
LUCRÈCE
Frappe à la porte, Spinette, je ne m'en sens pas le courage.. . .
SPINETTE
Qui est là sur ce banc, couvert de sang et prêt à mourir?
CORDIANI
Ah I malheureux I ,
LUCRÈCE
Tu demandes qui? C'est Gordiani !
Elle se jette sur le banc.
Est-ce toi ? est-ce toi ? Qui t'a amené ici ? qui t'a abandonné sur cette pierre? Où est André, Lionel?. Ah ! il se meurt 1 Comment, Paolo, tu ne l'as pas fait porter chez ma mère ?
LE PORTIER
Ma maîtresse n'est pas à Florence, Madame.