ACTE ni, SCÈNE I
LUCRÈCE
OÙ eàt-elle donc? N'y a-t-il pas un médecin à Florence? Allons, Monsieur, aidez-moi, et portons-le dans la maison. ,
spuïette.
Songez à cela, Madame,
LUCRÈCE
Songer à quoi? es-tu folle? et que m'importe? Ne vois- tu pas qu'il est mourant? Ce ne serait pas lui, que je le ferais
Djunien et un médecin arriyent.
DAMIEN
Par ici, Monsieur. Dieu veuille qu'il soit temps encore I
LUCRÈCE, au médecin.
Yenez, Monsieur, aidez-nous. Ouvre-nous les portes, iPaolo. Ce n'est pas mortel, n'est-ce pas?
DAMIEN
Ne vaudrait-il pas mieux tâcher de le transporter jusque chez Manfredi ?
LUCRÈCE
Qui est-ce, Manfredi? Me, voilà, moi, qui suis sa mdtresse. Voilà ma maison. C'est pour moi qu'il meurt, n'estril pas vrai? Eh bien donc ! qu'avez-vous à dire ? Oui, cela est certain, je suis la femme d'André del Sarto. Et que m'importe ce qu'on en dira? ne suis-je pas chassée par mon mari ? ne serai-je pas la fable de la ville dans deux heures d'ici ? Manfredi ? Et que dirat-on ? On dira que Lucretia del Fede a trouvé Cordiani
88 ANDRÉ DEL SÂRTO.
mourant à sa porte, et qu'elle Ta fait porter chez elle. Entrez 1 entrez I
Us entrent dans la midson, emportant Gordiani. LIONEL, resté seuL Mon devoir est rempli ; maintenant, à André t il doit être bien triste, le pauvre homme I
André entre pensif et se dirige vers la maison. UONEL.
Qui êtes-vous? où allez- vous?
André ne répond pas.
C'est vous, André ? Que venez-vous faire ici ?
ANDRÉ
Je vais voir la mère de ma femme.
LIONEL
Elle n'est pas à Florence.
ANDRÉ
Ahl où est donc Lucrèce, en ce cas?
LIONEL
Je ne sais ; mais ce dont je suis certain, c'est qae Monna Flora est absente : retournez chez vous, mon ami.
ANDRÉ
Comment le savez-vous, et par quel hasard êtes* vous là?
Je revenais de chez Manfredi, où j'ai laissé Gordiani, et, en passant, j'ai voulu savoir...
ANDRÉ
Gordiani se meurt, n'est-il pas vrai ?