ACTE III, SCÈNE IL
quart d'heure trop tôt. L'honnêteté I l'honnêteté I voilà la grande parole. Le cœur de» femmes est un abîme.
MONTJOIE, à Lionel.
Ses paroles annoncent le délire. Qu'en devons-nous penser? Est-ce là l'homme qui vivait en prince à la cour de France? dont tout le monde écoutait les conseils comme un oracle en fait d'architecture et de beauxarts?
LIONEL
Je ne puis vous dire le motif de l'état où vous le voyez. Si vous en êtes touché, ménagez-le.
On apporte les deux tableaux.
ANDRÉ
Ah! les voilà. Tenez, Messieurs, faites-les emporter. Non pas que je leur donne aucun prix. Une somme si forte, d'ailleurs! de quoi payer des Raphaël! Ah! Raphaël! il est mort heureux dans les bras de sa maîtresse.
MONTJOIE, regardant. '
G'es.t une magnifique peinture.
ANDRÉ
Trop vite ! trop vite I Emportez-les ; que tout soit fini. Ah! im instant.
U arrête les porteurs.
Tu me regardes, toi, pauvre fille!
A la figure de la Charité que représente le tableau. Tu veux me dire adieu ! C'était la Charité, Messieurs. C'était la plus belle, la plus douce des vertus humaines. Tu n'avais pas eu de modèle, toi! Tu m'étais apparue en songe, par une triste nuit! pâle comme te
voUà, entourée de tes chers enfants qui pressent ta mamelle. Celui-là vient de glisser à terre, et regarde sa belle nourrice en cueillant quelques fleurs des champs. Donnez cela à votre maître, Messieurs. Mon nom est au bas. Gela vaut quelque argent. Paolo n'est pas venu me demander?