SCÈNE PREMIÈRE
Une rue.
OCTAVE ET GIUTA entrent.
OCTAVE
Il y renonce, dites-vous?
CIUTA
Hélas ! pauvre jeune homme ! il aime plus que jamais, et sa mélancolie se trompe elle-même sur les désirs qui la nourrissent. Je croirais presque qu'il se défie de vous, de moi, de tout ce qui l'entoure.
OCTAVE
Non, de par le ciel! je n'y renoncerai pas; je me
sens moi-même une autre Marianne, et il y a du plaisir
à être entêté. Ou Gœlio réussira, ou j'y perdrai ma
langue.
croTA.
Agirez-vous contre sa volonté ?
OCTAVE
Oui, pour agir d'après la mienne, qui est sa sœur aînée, et pour envoyer aux enfers messer Claudio le juge, que je déteste, méprise et abhorre depuis les pieds jusqu'à la tête.
CIUTA
Je lui porterai 'donc votre réponse, et, quant à moi, je cesse de m'en mêler.