ACTE II, SCÈNE HI. H
mon parent tout autant que le vôtre; je prétends lui parler quand bon me semblera, en plein air ou ailleurs, et dans cette maison, s'il lui plaît d'y venir.
CLAUDIO
Souvenez-vous de cette dernière phrase que vous venez de proiioncer. Je vous ménage un châtiment exemplaire, si vous allez contre ma volonté.
MARIANNE
Trouvez bon que j'aille d'après la mienne, et ménagezrmoi ce qui vous plaît. Je m'en soucie comme de cela.
CLAUDIO
Marianne, brisons cet entretien. Ou vous sentirez l'inconvenance de s'arrêter sous une tonnelle, ou vous me réduirez à une violence qui répugne à mon habit. U sort.
MABIANiïE, seule.
Holà! quelqu'un.
Un domestique entre.
Voyez-vous là-bas, dans cette rue, ce jeune homme assis devant une table, sous cette tonnelle? Allez lui dire que j'ai à lui parler, et qu'il prenne la peine d'entrer dans ce jardin.
Le domestique sort.
Voilà qui est nouveau î Pour qui me prend-on ? Quel mal y a-t-il donc? Comment suis-je donc faite aujourd'hui? Voilà une robe affreuse. Qu'est-ce que cela signifie? — Vous me réduirez à la violence I Quelle violence? Je voudrais que ma mère fût là. Ah bahl elle est de son avis dès qu'il dit un mot. J'ai une envie de battre quf 1qu'unl
Elle renverse les chaises.
Je suis bien sotte en Térité ! Voilà Octave qui vient. — Je voudrais qu'il le rencontrât. — Ah! c'est donc là le commencement ! On me l'avait prédit. — Je le savais. — Je m'y attendais ! Patience ! patience ! n me ménage un châtiment! et lequel, par hasard? Je voudrais bien savoir ce qu'il veut dire !
Entre Octare.
Asseyez-vous, Octave, j'ai à vous parler»
OCTAVE
Où voulez-vous que je m'assoie? Toutes les chaises sont les quatre fers en l'air. — Que vient-il donc de se passer ici?
MABIANNE.
Rien du tout.
OCTAVE
En vérité, cousine, vos yeux disent le contraire.
J*ai réfléchi à ce que vous m'avez dit sur le compte de votre ami Gœlio. Dites-moi, pourquoi ne s*explique-t-il pas lui-môme?
OCTAVE
Bftr une raison assez simple : — il vous a écrit, et vous avez déchiré ses lettres ; il vous a envoyé quelqu'un, et vous lui avez fermé la bouche ; il vous a donné des concerts, vous l'avez laissé dans la rue. Ma foi, il s'est donn^ au diable, et on s'y donnerait à moins.
MARIANNE
Cela veut dire qu'il a songé à vous?
OCTAVE
Oui.