‹ ComédiesChapitre 12 sur 73 · ER CRUE · texte numérisé non relu

ER CRUE

bergère», qui chante des chansons d'amour et répond

aux sévères remontrances de la Mondaine, de la Superstitieuse et de la Sage par des divagations lyriques, un dithyrambe à l'Amour. Quel est cet être mystérieux, ceite extravagante qui ne sail «rien sinon aymer» et dont l'amour est <toute l’estude?» Marguerite qui semblait jusque là prêter à la Sage ses propres pensées, donne à la Bergère le dernier mot. Elle a connu cet élat d'extase qu'elle décrit de façon si saisissante, ces élancements mystiques, où tout s’efface, où les formes précises du dogme disparaissent devant cet amour de Dieu qui <transperse» le cœur de son «dard», où «Rien» $'abime dans la contemplation du <Tout»r. Dans aucune de ses œuvres Marguerite de Navarre n'a confessé avec plus de ferveur son attachement aux idées mystiques !, auxquelles l’avait initiée Briçonnet, et qui ont inspiré les méditations du poème des «Prisons». Ces comédies, auxquelles il faudrait ajouter quatre moralités el une farce, étaient destinées à être représentées devant le cercle d'amis qui entourait la reine

à Nérac, à Pau, à Mont-de-Marsan: <ÆElle composant .

souvent, dit Brantôme, des Comédies et des Moralitez qu'on appelloit en ce temps-là des Pastorales, qu’elle faisoit jouër et représenter par les filles de la cour».

F# Les quatre drames bibliques furent publiés dans «Les:

Marguerites de la Marguerite des Princesses» à Lyon

FX1 Les rapports de Marguerite avec la secte des <libertins spirituels» ont été étudiés par H. Busson: Les sources et le développement du rationalisme dans la littérature française, Paris, Letouzey et Ané 1922. Ch. X, Les libertins spirituels. voy. E. Parturier, Les sources du mysticisme de la reine de Navarre. Revue de la Renaissance T. V, 1904.

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SX

en 1547 et en 1549, à Paris en 1552 et en 1554, réédilés par Félix Frank, Paris, Librairie des Bidliophiles 1873, 3 vol. (T. II}, Nous reproduisons fidèlement letexie de l'édition des < Marguerites | de la Marguerite | des Princesses | tres illustre | Royne | de | Na-° varre | a Lyon | par Jean de Tournes | MDX LVIT | Avec Privilege pour six ans», d’après l’exemplaire que la ville de Lyon a bien voulu mettre à notre disposi- dion; nous remplaçons les signes u et i par v et ], ou par où, la, 14 par là, à {de avoir) par à, à (pré-

position) par à el corrigeons quelques erreurs de ponctuation, d'accentualion et de métrique, le début des strophes lyriques n'étant souvent pas marquée dans l'édition de 1547 ni dans celle de F. Frank. Quelques corrections de vers fautifs sont mises entre parenthèses : ou indiquées en note. Nous rééditons les deux dernières comédies d'après l'excellente édition de M. Abel Lefranc, en utilisant les corrections proposées par MW. Courteault et H. Hauser (Revue Critique 1896 I, p. d05—13) et par M. G. Lanson (Revue d'hist. litt. de la France, 15 avril 1596.

Pme

1 Bibl. Municipale de Lyon coté 373,734 p. 148—

Strasbourg. F. Ed. SCHNÉEGANS.

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