‹ Comédies romanesquesChapitre 1 sur 130 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

quelques mots quand et comment Vidée m'en est venue.

Chaque comédie a pour point de départ un fait vrai, une anecdote qui me fournissait à la jois l'aventure et les caractères, et que je n'ai eu ensuite qu'à développer et à transporter à la scène (scène imaginaire que je me plaisais à regarder de mon fauteuil) pour en former le volume que voici.

La plus ancienne, et qui remonte à quatre ans déjà, est Théophile. Dans son admirable livre des Grotesques, Al. Théophile Gautier avait peint . comme lui seul en a le secret^ les traits de cette physionomie originale et sympathique^ et retiré à jamais de l'oubli la gloire méconnue du pauvre poète. La prédilection qu'il lui témoignait , les citations qu'il en faisait, le charme qu'il lui prêtait et avec lequel à son tour il en parlait, tout concourait à venger son héros de tant d'injustes attaques . et le ressuscitant plus hardi, plus jantasque , plus abondant et spirituel peut-être qu'il n'avait jamais été, nous ramenait à lui et nous apprenait à l'aimer. Chercher Vœuvre complète de Théophile de Viau, et la fouiller en tous sens pour y retrouver une à une toutes les perles du collier que AL Gautier

PREFACE. m

avait défilées devant nous . Je n'eus bientôt d'autre envie; et cest ainsi que le vieux bouquin à tranche rouge se trouva entre mes mains.

Vous savei mieux que moi les beautés de ces vers si heureux parfois; mais surtout vous n'avei pas oublié les quelques pages de prose intercalées au milieu du volume, mémoires de la première étape faite sur le chemin de l'exil j où Théophile, riant encore de ses mésaventures, mêle si curieusement le récit de la sédition populaire contre les Huguenots aux amours de son ami Clitiphon, à ses propres rêveries sur l'art et la poésie , et qui semblent extraites d'un Voyage sendmencal avant la lettre. C'est ce fragment qui m'a servi de scénario : tous les détails donnés sont exacts , et pour le personnage de Cloris , il est peint en maint endroit des élégies et des stances, où on le voit vivant et charmant dans sa malice effrontée, tel enfin que Théophile amoureux et moqueur nous le pouvait montrer.

Le Recteur Bertholdus/ur inséré dans la Revue des Deux Mondes le i*' Juin i8jo. et, paru ainsi à la veille de la guerre, il me semble être dans son étroit et modeste cadre un exemple de plus de notre aveugle-

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