ACTE I, SCENE IX
Il n'esc plus jeune, il a de temps en temps la goutce ; Mais il m'aime, il esc juge à la cour, et je doute Qu'on puisse avoir du bien mieux placé qu'il ne l'a.
THEOPHILE
Ah ! du bien, et beaucoup... mais c'est parler cela ! Voilà qui vous refait un homme !
CLORIS , en colère*
Beau génie, Se moquer d'un vieillard à bourse bien garnie Esc de fort mauvais goût pour un gueux comme toi.
THEOPHILE
Princesse, avoir affaire à ces hommes de loi Est toujours dangereux. Qui s'y frotte s'y pique.
CLORIS, avec intention.
Cher rimailleur, pour moi la crainte est chimérique.
Si jadis au brelan j'avais quelque bonheur.
Au moins n'a-t-on point dit qu'aux cabarets d'honneur,
Sous couleur de jouer ou de faire l'orgie.
J'eusse enseigné jamais des régies de magie.
THÉOPHILE
Astre adoré, quittant cet accent cavalier Qui rehaussait si bien ton geste familier,
THEOPHILE
Empruntes-tu déjà, comme par pénitence, A ton futur époux sa saveur de potence!^
CLORIS, méchamment.
Oh ! tu peux te gausser à loisir. Je te tiens. Si tu sais mes secrets, je possède les tiens :
Appuyant sur chaque mot.
Ce n'est pas moi qu'on a, sur la place de Grève, Brûlée en effigie.
THEOPHILE
Ah çà, mais... lequel rêve De nous deux? •
C LORIS, triomphante.
Ton caquet sera-t-il rabattu?
THEOPHILE, inquiet.
Cloris, si c'est un conte, il n'est pas gai, sais-tu }
CLORIS
Je dis vrai.
the'ophile.
Non.
CLORIS
Si fait.
the'ophile,- comme ébranlé.
Ne m'en fais pas accroire.
Car moi, je ne sais rien de toute cette histoire.