ACTE II, SCENE IV. (5s
Parce que le secret de la terre et des cieiix Pour la première fois se révèle à tes yeux ! Parce que, mon pauvre ange innocent et candide, Tu ne soupçonnais pas ce mystère splendide ; Et parce que ce soir, plein de rêve et d'effroi, Tremblant, l'amour te parle et que l'ampur — c'est moi!
HÉLÈNE
Oh ! taisez-vous...
CLITIPHON
Me taire? — Oh ! non, non, je t'en prie, Laisse-moi te parler, mon Hélène chérie. Laisse-moi te jurer un éternel amour.
Ne dois-je pas partir avant la fin du jour.> Une heure de bonheur est tout ce qui me reste. Une heure, c'est si peu!
HÉLÈNE, très-bas.
Pourquoi ce mot funeste } Partir ! — Si vous m'aimiez, vous ne partiriez pas.
CLITIPHON
Si tu le défendais, si tu disais tout bas
Que tu veux t'abreuver à la source sacrée,
Si ces mots s'échappaient de ta lèvre adorée :
« Je t'aime, et si tu pars, j'attendrai ton retour! »
Si tu me permettais de l'espérer...
Il est presque à ses genoux, elle semble au moment Je lui répondre en penchant la tète vers lui.
66 THEOPHILE