‹ Comédies romanesquesChapitre 64 sur 130 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE T^ECTEUTi, GOTTLOTi.

Gottlûb, sa tète est vive et sa parole prompte,

Mais un mot la ramène, un sourire la dompte,

C'est une bonne et chère enfant. — Je me souviens,

Lorsque je l'ai trouvée et que je lui dis : Viens !

Qu'il me suffit de la regarder deux secondes

Pour qu'elle me suivît, cachant ses boucles blondes

Sous mon manteau, sans rien me demander de plus,

Avec cet abandon et ce calme absolus

De l'oiseau fatigué qui replîrait son aile.

De bonnes gens m'offraient de la prendre. Pour elle

Peut-être, non pour moi, je devais hésiter ;

Dans son premier asile elle a voulu rester.

N'est-ce pasJ* c'était mieux ainsi. De nos deux vies,

Si tristement jusqu'à ce jour-là poursuivies,

Nous n'en avons fait qu'une, et nous sommes heureux,

Car nous avons déjà des souvenirs nombreux.

GOTTLOB

Et plus d'une espérance aussi que l'on caresse Avec sécurité, tant qu'elle soit traîtresse.^

m LE RECTEUR BERTHOLDUS.

LE RtCTHUR.

Que veux-CLi direr*

GOTTLOB

Rien, sinon qu'elle a vingt ans, Qu'elle est aimable, belle, et que de tous les temps Les tuteurs sont peu silrs gardiens de leur pupille.

LK RECTEUR

C'est une enfant }

GOTTLOB

OÙ point déjà la jeune fille

Comme la fleur qui s'ouvre au sortir du bouton, Ah! c'est vrai! — mais pourquoi t'étonner>

GOTTLOB

Trompe-t-on Un brave étudiant de vingt-huitième année Tel que moi î^ — La science a beau t'être donnée, L'expérience est mienne, et j'en ai là-dessus Plus qu'aucun, et surtout plus que toi, Bertholdus. Depuis que nous faisions ensemble nos études, Nous avons changé d'âge et non pas d'habitudes : Toi, toujours travailleur ; moi, paresseux toujours ; L'un est le grand savant dont l'autre suit les cours... Mais en vidanc son verre on apprend bien des choses

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