‹ Comédies romanesquesChapitre 81 sur 130 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Une clairière dans la foret avec une fontaine sur l'un des côtés. C'est le soir.

FLORENCE^ HARRT.

FLORENCE

Indicible langueur où mon âme se noie, Mystérieux ennui par lequel je me meurs ; Qui viendra m'arracher à vos flocs endormcurs, Qui vous écartera de ma tête qui ploie }

La fatigue de vivre a lassé mon désir. J'ai détourné mes yeux de la route connue, Et sentant l'amertume en mon cœur contenue. J'ai refusé la lutte et j'ai fui zoui plaisir.

i+a LA BAGUE.

Le vide est devant moi, qu'espérerai-je encore?' Quel rêve caressé hantera mon sommeil?

Et dans ce noir désert^ quel rayon au réveil Dorera l'oasis éclose à cette aurore ?

Mon attente est sans terme et ma peine sans fond. Je ne vois que néant, je n'entends que blasphème; Et i"ai pris en dégoût ma tristesse elle-même, Car je sens peu à peu que mon âme s'y fond.

A mon propre destin je demeure insensible : C'est la fatalité qui nous livre au hasard. L'œuvre est sûre ; qu'importe ou plus tôt ou plus tard Ennui mystérieux^ ù langueur indicible.

HARRY

Plainte mal étouffée, ô soupirs mensongers. Regrets qui dévorez la jeunesse et la vie; Vous dites : Je n'ai plus ni d'espoir ni d'envie ! Et vous taisez le mot auquel seul vous songez.

— Descends au plus profond de tes mélancolies; Croise en tremblant les mains sur ton sein asité. Femme, l'amour est là, c'est la fatalité. Et son nom déjà vole à tes lèvres pâlies.

Tu ne veux pas me croire? Au bonheur, tu dis non! Mais le printemps ce soir a vidé sa corbeille,

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