‹ Comédies romanesquesChapitre 93 sur 130 · SCENE II. i<Î · texte numérisé non relu

SCENE II. i<Î

— Il avait l'air si grave en disant : « Reste ici !

Et si fier en disant : a Je le veux ! » Que la flamme

Qui sortait de ses yeux a subjugué mon âme,

Et que je suis assise à l'endroit indique,

Presque tranquille. — C'est étrange ! — Il a manqué

De confiance en moi pourtan:. — Et cette carte...

Elle se lève à demi, puis retombe.

Non. — J'ai promis. Je sens sa main qui m'en écarte. Il ne veut pas. — Demain, s'il n'est pas là, j'irai.

Elle se live encore et retombe.

Mais demain, c'est trop long. — Non, non, je l'ai juré.

H ARR y, cluintant dans le jardin; sa Yoix s'éloigne peu à pou.

Songe à notre bonheur, Florence, Ma belle, songe à notre amour.

Tu sais ma divine espérance ; Plus encore que ta souffrance, Sois donc grande et forte à ton tour.

Le vent souffle avec violence.

Et mon cœur bat à se briser.

Oh ! dans la nuit et le silence, Que ma voix jusqu'à toi s'élance, Comme un soupir, comme un baiser !

On entend un coup de pistolet dans le lointain. FLORE \ CE, sa-.itant sur la carte.

Il se bat : C'est le d.ic!

i68 LA BAGUE.

Comme elle déplie la carte, l'anneau glisse et s'enfile à son doigt. Elle le voit et recule.

Dieu ! mon anneau de noce, A mon doigt! D'où vienc-il? Quelle ironie atroce Le remet sous mes yeux dans un pareil moment!^ • — Ah ! oui, l'onde menteuse a trahi son serment, Polycrate est perdu, sa bague est retrouvée, Et la fatalité, depuis deux ans bravée, Se revanche et nous frappe aujourd'hui. — Je comprends ; Ce témoin demeurait sous les flots transparents. Et l'époux outragé le rapporte à sa femme. C'est comme s'il disait : « C'est honteux, c'est infâme! » Et je sens bien son droit de se venger de moi. Puisque, sans y penser, j'ai fait ainsi ;

Elle essaye de nouveau la bague en la faisant tomber à son doigt de la carte roulée.

Pourquoi N'ai-je entendu qu'un seul coup de feu? Quel martyre

Prêtant l'oreille.

Est-ce là? — Rien, plus rien! — C'est l'ofTensé qui tire Le premier, et le duc a tiré, mais Harry } Oh! je veux tout savoir, j'y vais...

Elle s'élance et s'arrête.

Et mon mari!

Qu'il me fasse rougir et que Harry le voie!...

Elle retombe et se cache la tète dans ses mains.

Comme un chien affamé, la mort flaire sa proie, Harry, s'il te tuait ! — Oh! folle que j'étais

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