SCENE II. ifiS
Le délire t'emporte, ô pauvre bien-aiméc ! Calme-toi...
FLORENCE
Que tiens-tu dans cette main fermée } Montre-le-moi !
HARRY, jetant loin de lui la carte et l'anneau. D'un ton très-grave.
Florence, au nom de notre amour, SoufFre que je commande un instant à mon tour : Ce soir, c'est une preuve immense de tendresse Que j'exige de toi : L'on m'attend, le temps presse. Reste ici.
FLORENCE
Je ne puis.
HARRY
Je le veux.
FLORENCE
Mais le nom De cet homme, Harry, je dois le savoir.
HARRY
Non !
Je ne te permets pas mâme d'aller dans l'ombre Ramasser ce qui brille au pied de ce mur sombre . Jure-moi seulement que tu m'obéiras !
i65 LA BAGUE.
FLORENCE
M ARRY.
Je t'en prie.
FLORENCE, vaincue.
Oui.
HARRY
Merci. — Viens dans mes bras Maintenant. Laisse-moi prendre un baiser encore, Oh ! c'est bien. — Quand au ciel aura blanchi l'aurore. Si je ne suis pas là, tu pourras regarder, Mais pas avant. — Mieux vaut ne rien me demander, Je te conterai tout au retour. — Sois tranquille, N'est-ce pas? Attends-moi sans crainte puérile, Songe à notre bonheur d'hier et de ce soir. Tu me le promets?
F LO R E N G E , d'une voix sourde.
Oui!
HARRY
Ma Florence, au revoir!
Il l'embrasse, puis sort brusquement.
FLORENCE, seule, .issise.
Songe à notre bonheur!... souffre que je commande !... O mon Dieu ! qu'est-ce donc? Quelle preuve si grande De tendresse, entend-il que je lui donne ainsi }