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PAR EUGÈNE) SUE. cadu tu.-'.
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PARIS
PAULIN, ÉDITEUR
KUB BICHRLIRU, 60.
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On remarquera une lacune dans la suite d'esquisses dramatiques intitulées Comédies Sociales, et insérées dans ce volume.
On y trouve le Juge et le Législateur, mais on n'y trouvera pas le Prêtre, quoique cette dernière étude soit annoncée par quelques lignes servant d*in* troduction aux Comédies Sociales.
Ce caractère du Prêtre, complément nécessaire de Tespèce de trilogie que nous avions conçue, a pourtant été développé et terminé par nous dans une troisième comédie ; c'est cette troisième comédie que nom nous abstenons de publier.
Nous nous en abstenons, parce quen la relisant, nous avons réfléchi que de nos jours il y aurait peutêtre plus de lâcheté que de courage à publier cette satire. Nous allons tâcher d'expliquer pourquoi.
La politique qui se fait épée ou bouclier de tout , pour attaquer le système d'autrui ou pour défendre le sien, a sérieusement affirmé ceci , à savoir : t que le corps social suivait généralement l'impulsion
dtme réaction religieuse qui de jour en jour se prononçait davantage. >
A Tappai de celte assertion , ses prônears ont argué de la foule qui encombrait quelques églises.
Cette preuve nous a semblé peu concluante : c*est dans la diminution du chiffre des crimes et des délits que peuvent offrir les tables statistiques du ministère de la justice, qu'il faut seulement chercher les symptômes de X amélioration religieuse, et conséquemment morale, dont on veut gratifier la société contemporaine.
Or nous affirmons que, malgré l'encombrement quotidien de quelques églises , les bagnes et les prisons sont très au complet , et que le Parquet, cette Providence surnuméraire^ qui , selon Fusage , fait toute la besogne de la Providence en titre , regorge toujours d'actes d'accusation.
Nous affirmons enfin que les gendarmes, ces remords vivants et vengeurs des crinj^s, ont plus que jamais à galoper aux trousses des scélérats.
A notre sens , on s'est donc mépris étrangement en confondant le mouvement matériel de la foule avec le mouvement des esprits.
Parce que , par tm caprice d'oisifs , le monde a transporté ses raouts dans quelques églises privilégiées. . . .
Parce quHl s'est coudoyé aux matinées aristocratiques de Saint-Thomas-4' Aquin. . .
Parce qu'il a été curieusement voir jouer à la chapelle à Saint-Roch, ou à Notre-Dame-de-Lorette
(pauvre sainte qa ils ont affablée des indignes oripeaux d'une courtisane italienne, au lieu de la vêtir de la robe austère d'une chaste fille du ciel)...
Parce que le public s'est habitué à ne trouver guère de différence entre les loueuses de chaises et les ouvreuses de loges, entre les bedeaux et les contrôleurs de spectacles, entre les directeurs de théâtre et quelques curés de Paris qui chaque année se disputent aigrement les prédicateurs en renom pour que la saison du carême soit plus brillante dans leur (église que dans celle du voisin...
Parce qu'enfin de nos jours , les Chambres représentatives et les cercles absorbant tous les hommes, beauconp de femmes , singulièrement abandonnées, oQt fait des églises leurs clubs... il ne faut pas s'autoriser de cela pour croire la société profondément travaillée par le sentiment religieux, et surtout pour voir notre époque en progrès de sainteté et de vertu.
Au contraire , nous pensons que l'esprit égoïste , vaniteux, mercantile, vantard et charlatan qui distingue si éminemment notre temps , a dû naturellement atteindre le clergé des grandes villes , soumis, en vertu de sa condition tout humaine et de l'espèce même de quelques-unes de ses fonctions matérielles et commerciales , aux mêmes accidents moraux que le reste de la société.
Nous disons ceci sérieusement, parcç que c'est notre conviction; nous ne sommes pas poussé par «ne velléité de dénigrement stérile. Personne n'a
plus que nous la conscience et Fintelligence du véritable sentiment religieux , mais >pur, mais imposant, mais dépouillé de toute souillure.
Si personne n'a plus que nous de respect et d'adoration pour l'idée immatérielle qui plane radieuse et divine au~dessus de nos espérances, personne aussi ne méprise plus souverainement les traditions grossières, brutales et sordides de la Sacristie ^ qui sont à la Religion ce que le honteux tripotage du Palais est à la Justice.
C'est pour cela que, dans la comédie que nous nous abstenons de publier, nous nous étions véhémentement , sinon éloquemment , élevé contre le trafic exécrable qui pèse les cendres des morts, et qui vend à prix d'or des prières plus ou moins longues pour les âmes qui vont devant Dieu !
Contre le fermage impie des sacrements les plus saints !
Contre le revenu fourni par les enterrements, par les baptêmes, par les mariages , et grâce auquel le meilleur prêtre ne peut s'empêcher de mêler une pensée vénale et sacrilège à l'accomplissement reli* gieux de son formidable sacerdoce.
Xous avions encore flétri ce luxe de café ou d'opéra si indécemment déployé dans quelques églises ; nous avions flétri la cupidité honteuse, le misérable orgueil de quelques prédicateurs en vogue qui ne rougissent pas de se laisser prôner par des annonces destinées à affriander le public et à faire surenchérir le prix de leurs sermons»
PHEKAOK. r.
Car nous le demandons : est-ce là la lettre , estce là Tesprit souverainement grand, charitable et désintéressé du christianisme ? Qu'estH;e que ces apôtres payés à tant par heure pour faire entendre la parole de Dieu , et afûchés dans les carrefours entre le Rob Laffecteur et le Théâtre du Palais^ Royal? qu'est-ce que ces bedeaux transformés en huissiers à chaînes d'argent ? qu'est-ce que ces suisses déguisés en tambours-majors ? qu'est-ce que cette splendeur ridicule, immorale, criminelle même, car pendant que les autels, les prêtres et les laquais de sacristie sont cousus d'or et de dentelles , il y a des pauvres qui souffrent de la faim et du froid ?
Qu'est-ce enfin que cette rivalité haineuse, jalouse, de paroisse à paroisse, qui s'envie non pas le nombre des malheureux qu'elle nourrit , mais le luxe déplacé qu'elle étale ?. . .
Dans cette comédie nous avions donc voulu montrer le contraste affligeant qui existe de nos jours entre la sublimité de l'esprit des fonctions sacerdotales et le matérialisme grossier de quelques-uns de ceux qui les exercent.
Voilà quel était le sens moral de cette comédie ; nous ne la publions pas, nous le répétons, de crainte qu'on ne nous accuse de confondre à dessein la rk- LifiioN et ses acteurs.
De crainte qu'on ne prenne notre amère indi^^nation contre les hommes pour de l'impiété , impiété qui , dans nos jours de profonde indifTércnce religieuse, ne serait pas même audacieuse.
(> PRÉKitCE.
Or, si nous sommes des plus insouciants en matière de curéSf de prédicateurs ou de bedeaux , nous avons une vénération d'autant plus grande , une sollicitude d'autant plus respectueuse pour le magnifique et sublime esprit du christianisme, que nous le voyons chaque jour cruellement méconnu , travesti par des gens qui ont la sainte mission de le continuer, de le propager et de le défendre.
Enfin , selon nous , il est assez de membres du clergé dont l'inintelligence ou les mauvaises passions portent de mortelles atteintes à la religion, pour que nous ne voulions pas risquer d'être confondu avec eux, et paraître attaquer ce qui est au contraire J'objct de notre admiration et de notre culte.