‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 107 sur 129 · RETOUR · texte numérisé non relu

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Et inaiffe Zéli, ooMbint qo'il était difficile de Yentendre à deui portées de e&non , encanrageait de la voii et du geste lés matelots qai ramenaient à bord Kernok et son compagnon.

Enfin, Tembarcation qu'ils montaient atteignit le brick et aborda âi tribord. Maître Zéli courut à Féchelle donner le coop de sifflet qui annonçait la présence du capitaine, et, son chapean à la main, 99 disposa à le recevoir.

Kernok monta avec agilité le long du brick et sadta sur le pont.

Le maître fot frappé de sa pAlenr et de Taltéra» tion de ses traits. Sa tête noe, ses habits en désordre, la gaine sans poignard qui pendait à sa ceinture, tout annonçait un événement extraordinaire. Aussi ZélI n eut-il pas le courage de reprocher à son capitaine une absence trop prolongée, et c'est avec un air d'intérêt respectueux qu'il s'approcha de Ini.

Kernok embrassa le brick d'un regard rapide et vit à l'instant si tout était en ordre.

• Maître, — dit-il à Zéli d'une vois impérieuse et dure, — à quelle heure est le flot?

-»- A deux heures un quart, capitAine.

*^ Si la brise ne mollit pas, nous appareilleroni à deux heures et demie. Faites hisser le pavillon et tirer le coup de canon de partance ; vitet au cabestan, désàffourchez, et, quand les ancres «eront à pic, vous me préviendrez. Où est le lieutenant , le reste de l'équipage?

— A terre, eapltaine.

19(1 PLIK ET PLOK.

— Envoyez les embarcations les chercher. Celui qui ne sera pas à bord à deux heures aura vingt coups de corde et huit jours de fers sur un parc à boulet. Allez! v

Jamais Zéli n'avait vu à Kernok un air si rude et si sévère. Aussi, contre son habitude, il ne fit pas une foule d'objections à chaque ordi*e de son capitaine, et se contenta d'aller promptement les exécuter.

Kernok, après avoir considéré d'un œil attentif la direction du vent et des boussoles, lit un signe à son compagnon et descendit dans sa chambre.

C'est ce compagnon qui vint le chercher dans l'antre de la sorcière. La voix pure et fraîche qui disait : c Kernok , mon Kernok , « c'était la sienne ; comment n'eût-elle pas été dcn:e, sa voix! Il était si joli avec ses traits délicats et fins, son grand œil voilé par de longs cils, ses cheveux châtains et soyeux qui s'échappaient des larges bords d'un chapeau verni, et cette taille souple et élancée que dessinait une veste de gros drap bleu , et cette tournure vive et alerte ; comme il marchait libre et dégagé, le col dressé , la tête haute ! Ah ! que Salero ! seulement sa figure paraissait dorée par un rayon du soleil des tropiques.

C'est aussi de ce climat brûlant que Kernok avait ramené ce gentil compagnon , qui n'était autre que Mélie, belle jeune fille de couleur.

Pauvre Mélie! pour suivre son amant elle avait quitté la Martinique et ses bananiers, et la savane.

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