‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 6 sur 129 · M COMEDIES SOCIALES · texte numérisé non relu

M COMEDIES SOCIALES

véta de noir comme un croque-mort ! et puis vous ne voalei pas seulement me permettre de porter des bottes!

H. DB CLBRViLLB , howsant hs épaules, — Des bottes! ! des bottes ! non , monsieur!... La botte a un air cavalier et impertinent qui ne sied pas à un magistrat ; et tant que je vivrai , du moins. . . vous n'en porterez pas. ( Avec une dignité triste et un soupir,) Après ma mort, monsieur, après ma mort. . . vous serez libre...

liPABiiNONDAs , peu touché de cette funèbre ré^ flexion, — Ah ! mon Dieu I... mon Dieu ! je vous demande un peu ce que ça fait , qu on porte des bottes ou non. . . Mais c'était bon autrefois , ces préjugés-là !

M. DB CLERViLLE. — C'était bou autrefois !... Cestà-dire qu'autrefois on n'avait pas le sens commun , n'est«-ce pas, monsieur? Taîsez*vous. . . vous êtes un novateur... un révolutionnaire; car je soupçonne fort ce M. Stmonneau d'être un fieffé jacobin. KPAMiNONDAS. — Vous me grondez toujours aussi ! M. DK CLERVILLE. — Je VOUS groudc y parce que vous le méritez , drôle que vous êtes !

éPAM INONDAS. — Eh' noD ! je ne le mérite pas , car c'est ennuyeux à la fin. Qu'est-ce que ça me fait à moi y après tout , d'être magistrat ?. . . Ça m'est bien égal de juger les autres. . . Avec ça que c'est bien régalant : toujours entendra parler de voleurs et d'assassins , et ne pouvoir pas seulement se déguiser au carnaval !

M. UK CLKRi iLLK , ovec épouvantc. — Se déguiser au carnaval!... Encore une idée de ce M. Simonneau... j'en suis sûr! Ah ! Je malheureux !

KPAMiNONDAS , outré. — Eh bien , oui ! Simonneau est mon ami. Je le regarde comme mon frère ; je ne puis pas en entendre dire du mal ; et , si on me tourmente , je m'engage : voilà ce qu on y gagnera.

u. DK CLKHviLLK. — Ah ! VOUS parlez de vous engager! Eh bien! c'est moi... mauvais sujet, qui vous engagerai , qui vous ferai manger de la vache enragée ; et si vous ne marchez pas droit, je vous ferai mousse , entendez-vous , mousse sur un vaisseau !

ÉPAiiixoNDAS. — Eh bien ! j'aime mieux encore être mousse sur un vaisseau que de passer toute ma jeunesse, toute ma vie dans un état aussi assommant qu« celui de juge.

il. DK CLERVILLE , stupéfait. — Un état aussi ass. . . ( il n'ose prononcer le mot. ) Vous êtes un mauvais (ils... sortez de ma présence.

lipAMiNONDAS. — Eh bien ! je sors ; mais je vous déclare que je déteste la carrière que vous voulez que j'embrasse. . . Oui, je la déteste ! je l'abhorre ! et je ne souffrirai jamais qu'on dise du mal de Simonneau, parce que c'est entre nous deux à la vie et à la mort.

Fpamiiraoditn fturl faricusi et M. de Clervillc reste absorl)^ (Utis aes dtialoureus«c pensées.

RilR CHOBUR.

O justice sainte et sacrée y magoîGqae reflet de la divinité ! quel est celui qui ne tremblera pas d'effroi en abordant ton sanctuaire ? Quel est celui qui comprendra dans toute son immensité la terrible mission qu il accepte en osant t'interpréter ? Quel est celui quif sans terreur, viendra dire aux hommes assemblés : c Ecoutez-moi, ceci est la vérité. >

Page 1