‹ Comédies sociales et scènes dialoguées (volume 2)Chapitre 9 sur 129 · U COMEDIES SOCIALES · texte numérisé non relu

U COMEDIES SOCIALES

puis deux mois quel supplice! et dire que jéiais assez faible pour la supporter!

Entre Sîmoancao : vingt-cinq ans , monsf «cfae et harbe épaiMe< Il a QD cigara à la koacàe, aoa ehap«oa poaé d« cÀlé» et m ataias dani l«a pocbea de son large paulalon. La porte e«t reatée mverte. Epaminondas reste absorbé ; Simonoeas entre sar la pointe des pieds, s'approche de Foreille de son ami , et , sans être «perça, pousse on cri effroyajkle ; Épaniinondas fait vn bond d« frayear, et se vctoarae,

sniovNEAU, d'une voix de bcuse-tailie. — Bonjour, magistrat !

KPAMixo.vDAS , se remettant de son effrou — Tu peux te vanter de m'avoir fait joliment peur !

stMOiWEAL. — Mous révous k nos amouirnrs, à ce qu'il paraît, car je viens de voir Fanny qui sortait de chez toi, comme si le diable remportait , je n'ai pas pu lui dire un mot. Qu'est-ce qu'il y a donc? de la brouille dans le ménage !

KiMuiNONOAft.-^ Il y a, mon cher, que je viens de lui faire une sc^ne, de la metti'e k k porte, et que je suis ravi d'en être débarrassé. Voilà ce qu'il y a.

snioxxËAUi — Ëh bien! tu as tort; vois-tu, c'était tlne bonne fille, rieuse, pas gênante , qui ne te coûtait pas un liard ^ et aVant que d'en trouver une pafëille...

ÉPAitixoxoAft, d'tm air fat. —On peut pourtant, nion cher, trouver mieux. . . bien mieux. . . beaucoup mieux. . . mais beaucoup, beaocoap mieux !

sisioxxKAT. — Est-ce que vraiment tu te lancerais dans les femmes dt* moude? (Grmanent.) Prends

Lt: JlGE. 36

garde, magistrat ! prends garde, la femme du monde est dure à cuire!... comme dit Bossuet.

liPAMiNONDAS. — Ecoute... entre nous, une créature comme Fanny ne pouvait plus me convenir pour tontes sortes de raisons ; mais la meilleure de ces raisons est que je suis amoureux, fou, mon cher, je délire... en un mpt. On peut te confier cela, à toi. . . mon ami d*enfance ; j*en tiens pour madame Grasset.

siMoxNEAL. — Madame Grasset f la femme de Fancien avoné , une grosse blondasse qui a des yeux de poisson !

Ki»AM!xo.\DAS,/7î^w<^. — Udc grosse blondasse, une grosse blondasse!... on t'en donnera des grosses blondasses comme ça ! Quelle femme ! quel bon genre! et surtout tante de mon ministre, mon cher... tante de mon ministre! ce qui est un peu flatteur pour Tamoui^-propre, j'espère...

siuowEAU. — El pour ton courage donc ! Magistrat, voilà un courage ! Qu'est-ce que le courage ci* vil... le courage militaire... auprès de celui-là... qu'on pourrait appeler... le courage Grasset?...

Kt»AMtxONDAS , haussunt les épaules, — Il est impossible de canser sérieusement avec toi.

âiuowBAU. — Eh bien ! sérieusement celte femme** là sera pour toi à la fois une mère et une maîtresse» C'est bon. . . mais c'est rare.

KPAMixoxDAS. — Parblcu î je sais bien qu'elle n'a pas quinze ans.

SIMOWKAU. — Comment! elle n'a pas quinze ans!

a COMÉDIES SOCIALES.

mais elle les a plutôt trois fois quune... au contraire.

KPAHiNONDAS. — C'est justemeut parce que c'est une femme d*uii âge mûr qu'on la dit très-influente sur sou neveu, et pour parvenir, vois-tu, mon cher, il n'y a que les femmes... et une femme qui peut vous protéger... n'a pas d'âge.

SIMUWE.AU. — tiens... tiens... tiens... je comprends. . . Voyez-vous le finaud. . . avec ton petit air bonasse, tu ne t'endors pas^ toi !

ioPAMi\o\DAS, secouant la tête avec fatuité. — Mais non... mais non...

siMONXEAL. — C'est quc c'est très-bien calculé. . . la tante d'un ministre!... Ton chemin est sûr... £t où en es-tu?

ÉPAMINONDAS. — Au micux... mou cher... Quand je suis là , elle est toujours à dire à son mari : Mon Dieu! mon Dieu! comme... (Entre le portier.)

Page 1