AMOUR
qui Fentouraient , se mit à suivre à genoux la trace sanglante que le Gitano avait laissée sur le sable.
Tous miu^chaient en silence et frappés d*horreur ; ils arrivèrent enfin au buisson qui recelait le Bohémien.
Là, Rosita s^arrêta un moment pour écarter les feuilles épaisses et vernissées des aloès, se fit jour à travers cet épais taillis, se traîna auprès du maudit, poussa un cri terrible, et tomba à ses côtés... morte. . .
c Le renégat est là : cernez cet endroit , et repoussez le peuple.
— Rends-toi, chien, car vingt carabines sont braquées sur toi. En joue , vous autres ! « s'écria le commandant des gardes- côtes.
Les batteries craquèrent
K Pauvre enfant, tu ne souffriras pas leurs tortures, au moins, — dit le Gitano en regardant la Monja, et une larme que les plus affreuses douleurs n'avaient pu lui arracher tomba sur sa joue brûlante.
— Rends-toi, renégat ! ou je fais feu , — répéta le commandant.
— Vous êtes des vaillants , mes fils , — répondit le Gitano : — le cerf est aux abois, et vous le craignez encore ! belle chasse, sur ma parole.
Il se tut , on se précipita sur lui , on le garrotta , et trois jours après il était à Cadix , dans la prison de San-Augusto,^ sous la garde d'un bataillon de miliciensv
13i PLIK KT PLOK.
Depuis longtemps , des pécheurs , en signalant la présence' d*un canot qui croisait la nuit, en vue an murs du couvent, avaient éveillé les soupçons do TAlcade. On embusqua des hommes dans les enfoncements des rochers ; on épia les démarches du Gitano ; on le suivit , on le vit aborder, lancer sou échelle, on attendit ; et quand on s'aperçut à la tension des cordages qu*il remontait , on les coupa an dehors, et il arriva ce que vous savez.